Dialogue, coopération et vivre ensemble

Michel BissonMaire de Lieusaint (Seine-et-Marne), Michel Bisson est depuis janvier président délégué et 1er vice président de la Communauté d’agglomération Grand Paris Sud en charge du développement économique, de la modernisation de l’action publique, de l’élaboration du projet de territoire, de la contractualisation, de l’élaboration du Pôle métropolitain

Michel Bisson est d’abord passé par le monde associatif avant de découvrir celui de la politique. «J’étais membre de la FCPE et actif sur les écoles de Lieusaint. J’ai toujours eu une appétence pour la politique et la chose publique, notamment après 1981. À cette époque, le clivage droite/gauche existait vraiment», explique Michel Bisson. Après un BTS électrotechnique, il poursuit sa formation à l’École supérieure de commerce de Paris. Il est actuellement responsable des systèmes d’information des fonctions centrales au sein de RTE, filiale d’EDF. Pour Michel Bisson, «la formation continue est une valeur importante du monde du travail».

Son parcours d’élu local débute en 1994 à Lieusaint, lorsqu’il est sollicité par Christian Gutierrez pour intégrer sa liste d’union de la gauche aux municipales de 1995. «Je pensais tomber sur des experts et j’ai rencontré des citoyens comme moi ayant des préoccupations locales. J’ai participé à la rédaction du programme et me suis impliqué dans la structuration du projet de campagne», se souvient Michel Bisson. Il devient adjoint chargé des finances : «Je me suis efforcé de redresser le budget de la commune et de sortir de la tutelle de la préfecture afin de redonner des marges de manœuvre pour des actions nouvelles», précise-t-il. Suite à la démission du maire en 1998, Michel Bisson lui succède et devient vice-président du Syndicat d’agglomération nouvelle de Sénart. Il y sera successivement chargé de la médiation urbaine, de la politique de la ville et du sport et enfin du développement économique. Il en prendra la présidence en avril 2014 jusqu’à la création de la Communauté d’agglomération Grand Paris Sud, dont il devient le président délégué et 1er vice-président.

Maire de Lieusaint sans discontinuité depuis 2001, année de son adhésion au PS, il fonde sa politique locale sur un maître mot : le vivre ensemble. Il s’appuie sur les habitants, qu’il associe aux projets locaux comme celui de la rénovation du cœur de ville. Il organise la participation sous différentes formes : réunion publique, fête de la ville (co-construite par la mairie, les habitants et les associations) ou encore grâce au site et à son application mobile “Imaginons Lieusaint” qui permet un plus grand dialogue entre les habitants et la ville. «Cet outil numérique est une aide au quotidien, il permet à la fois de signaler tous les tracas mais aussi de faire des propositions», ajoute-t-il. La commune a mis en œuvre une démarche de budget participatif ; ainsi 100 000 € sont consacrés à financer des projets émanant des habitants.

Créations d’emplois

Michel Bisson privilégie le dialogue et cela fonctionne plutôt bien. «En expliquant le pourquoi des choses, on arrive à des conclusions sages et partagées. Ce fut notamment le cas au début des années 2000 lorsqu’une trentaine de familles de Roms sont arrivées à Lieusaint. Nous nous sommes emparés du sujet dès le début et avons traité l’ensemble des problématiques d’intégration sanitaire et sociale: logement, scolarisation pour les enfants, formation et emploi pour les adultes et démarches administratives avec les services de la préfecture pour tous. Nous sommes fiers d’avoir pu contribuer à leur insertion dans le bassin de vie de Lieusaint», confie Michel Bisson.

L’écologie est un autre cheval de bataille du maire. Lieusaint a su prendre le tournant de l’économie environnementale ; elle est aujourd’hui partenaire de la construction d’un écoquartier, “l’eau vive”, basé sur la performance énergétique mais aussi sur la culture au service du vivre ensemble.

Dès 1996, il soutient le projet du Carré Sénart, promouvant l’idée d’un cœur de l’agglomération de Sénart positionné comme pôle de référence à l’échelle du sud francilien. Il y défend l’importance de composantes publiques et d’une offre de loisirs. Il théorise une logique d’identité du Carré Sénart basée sur les ambivalences “proximité et rayonnement” et “nature et urbanité”, qui s’élargiront à tout Sénart et deviendront le socle du projet d’agglomération.

Depuis le début des années 2000, il utilise tous les leviers dont il a la responsabilité pour porter une stratégie du développement économique et de l’emploi – Établissement public d’aménagement, syndicat d’agglomération nouvelle, maison de l’emploi et de la formation – auquel il ajoute son investissement dans le dossier de la formation supérieure, notamment par la création d’un pôle des sciences de l’ingénieur à Sénart associant l’université Paris-Est-Créteil et l’Institut catholique des Arts et Métiers. Il orchestre ainsi le développement local de l’économie et de l’emploi : en 2014, Sénart se situe en deuxième place du développement de l’emploi en Ile-de-France derrière le pôle aéroportuaire de Roissy.

Julien Bossu