Déserts médicaux : agir vraiment, par Jean-Luc Fichet

Edito - Jean-Luc Fichet Le groupe de travail sur la présence médicale que j’ai présidé au Sénat avec Hervé Maurey, rapporteur, a rendu son rapport “Déserts médicaux : Agir vraiment”, adopté à l’unanimité des  sénateurs de la Commission développement durable le 5 février.

 

Alors que le nombre de médecins n’a jamais été aussi grand en France, l’on assiste depuis quelques années à la formation de zones sous-dotées où les patients éprouvent des difficultés à accéder aux soins dans des conditions de délais et de proximité satisfaisantes. Ces déserts médicaux correspondent souvent à des territoires ruraux, mais aussi à certaines villes moyennes ou zones périurbaines.

L’accès aux soins fait partie du socle de services indispensables qui conditionnent l’attractivité d’un territoire. Les maires en sont pleinement conscients. L’absence de médecin pose un problème majeur d’égalité des territoires et d’égalité entre les citoyens.

De nombreux élus cherchent des solutions : créer une maison médicale, participer aux frais de  fonctionnement, mettre à disposition un logement ou des locaux, jusqu’à salarier des médecins !

Marisol Touraine a pris 12 engagements pour un Pacte Territoire-Santé. Si ce plan est essentiel, nous avons souhaité aller plus loin au regard d’une situation de plus en plus compliquée pour les communes. Les mesures structurelles et incitatives ont une portée encore trop limitée. Si les solutions prennent forcément du temps, nous estimons que des mesures plus volontaristes sont indispensables sans tabou, ni a priori, dans le seul souci de l’intérêt général.

Il nous faut agir sur tous les leviers :

– revoir la conception des études de médecine pour mieux préparer les étudiants à la pratique libérale  (modifier la sélection en première année ; ouvrir le contenu des études à la gestion, l’économie de la santé… ; rendre obligatoire les stages en médecine générale ; régionaliser les épreuves classantes…)

– améliorer l’accès aux soins en favorisant le regroupement, les rémunérations forfaitaires et la  médecine salariée.

– promouvoir les incitations financières existantes

– étendre aux médecins le conventionnement sélectif en fonction des zones d’installation comme cela existe pour les pharmaciens, les infirmiers et les kinés et instaurer une obligation pour les médecins spécialistes d’exercer pendant 2 ans à la fin de leurs études dans des hôpitaux de proximité.

Ces mesures vitales devront se mettre en place en lien avec les hôpitaux de proximité afin de créer des pôles de santé par territoire au plus près de nos concitoyens.

Jean-Luc Fichet, sénateur du Finistère, maire de Lanmeur