Désertification médicale… à l’hôpital !, par Olivier Véran

Edito - Olivier Véran

Ces dernières années, nombre d’élus ont eu à ferrailler pour tenter de sauvegarder leur parc hospitalier de proximité. Ces petits hôpitaux qui participent à maintenir un niveau d’accès aux soins sur l’ensemble du territoire, mais au prix d’un surcoût alors jugé non acceptable par les pouvoirs publics, dans un contexte de tension financière croissante.

 

Ce qu’on sait moins, c’est qu’un autre mal ronge progressivement l’hôpital : la désertification médicale hospitalière.

Si le nombre de médecins hospitaliers a fortement augmenté en France, de plus en plus de postes ne sont pas occupés dans certaines disciplines, notamment en anesthésie-réanimation, en pédiatrie, aux urgences, jusqu’à 35 % des postes en radiologie. Ce taux de vacance varie fortement selon les régions mais touche désormais tous les profils de territoires et tous les types d’hôpitaux. Ces difficultés pèsent sur l’organisation des soins, de jour comme de nuit, et accroissent la charge de travail des équipes.

Pour assurer sécurité, qualité et continuité des soins, les hôpitaux ont longtemps fait appel à des médecins étrangers, qui sont vite devenus indispensables à leur fonctionnement, représentant jusqu’à 24 % des effectifs.

Désormais, ce sont vers les agences d’intérim que les hôpitaux se tournent lorsqu’ils ont besoin de maintenir ouverts leurs services. L’intérim a du sens, dans le cas de remplacements temporaires. Mais pas pour occuper un poste de titulaire, pas pour pallier un départ à la retraite. Et pour cause ! Le surcoût est majeur, représentant une part croissante du budget hospitalier, de l’ordre de plusieurs centaines de millions d’euros annuels. À titre d’exemple, le tarif journalier usuel pour le recrutement d’un intérimaire représente 3 à 5 fois le coût d’un praticien titulaire. Un directeur d’hôpital de taille moyenne m’a assuré avoir déboursé jusqu’à 3 000 €/jour pour un pédiatre !

Pour toutes ces raisons, j’ai souhaité monter un groupe de travail parlementaire qui, à l’issue d’une large concertation, fera un état des lieux de l’intérim médical et formulera des propositions concrètes pour d’une part réguler le recours à l’intérim et d’autre part améliorer la démographie médicale dans nos hôpitaux.

Olivier Véran, député de l’Isère