«Des enjeux forts pour les conseils départementaux», par André Viola

A ViolaQuelle année pour les départements ! Depuis le dernier Congrès de l’ADF, les départements ont connu de nombreux rebondissements. À la veille du Congrès 2015, de grands enjeux se dessinent pour les élus de gauche.

Bien sûr, les élections départementales ont rebattu les cartes politiques. L’instauration de la parité intégrale dans l’hémicycle est une avancée majeure. Ce progrès, que la gauche a porté, change déjà les pratiques et les approches des exécutifs départementaux.

La participation, meilleure qu’annoncée par les sondages, pour sa part rappelle l’attachement des français au département. Néanmoins c’est un revers pour la gauche qui ne reste majoritaire que dans un tiers des départements. Pour les élus de gauche, il est donc nécessaire de continuer à construire la solidarité. Pour ceux siégeant dans l’opposition, il faudra dénoncer les reculs et les dangers des politiques que mènent déjà les nouvelles majorités!

L’heure est maintenant à la gestion des suites de la réforme territoriale. En débat depuis de longs mois, la loi NOTRe a finalement été adoptée cet été. Initialement synonyme de disparition des départements, elle confirme finalement malgré le transfert de certaines compétences aux régions (l’économie et les transports) le rôle essentiel des conseils départementaux en matière de solidarités humaines et territoriales. Ce rôle, ils le prennent à bras le corps et ne manqueront pas de démontrer leur utilité pour développer en proximité des politiques territoriales équilibrées entre les grandes régions stratèges et un bloc local en développement. Renforcer et développer ces politiques de solidarité, en s’appuyant sur leur capacité d’innovation, est un enjeu auquel les conseils départementaux devront répondre !

Enfin, cette année le Congrès de l‘ADF sera très certainement marqué par l’actualité financière des départements. L’absence d’une compensation juste par l’État des dépenses liées au RSA, à l‘APA, et à la PCH ainsi que la hausse des bénéficiaires conduisent aujourd’hui de nombreux départements dans l’impasse budgétaire. Des solutions pérennes doivent être trouvées. C’est l’enjeu de la négociation que mène actuellement l’ADF avec le gouvernement. C’est pourquoi nous, président-e-s du groupe de gauche, l’avons appelé à recentraliser le RSA afin que cette allocation repose sur la solidarité nationale, principe fondateur de notre modèle social, et non sur les impôts locaux dont l’impact sur les contribuables diffère selon les territoires. L’enjeu pour les départements est de permettre à celles et ceux dans le besoin de continuer à percevoir cette allocation universelle tout en poursuivant les investissements (collèges, routes, équipements sportifs, etc.) et les politiques volontaristes (culturelles, sportives, associatives, etc.) indispensables à l’épanouissement et au bien vivre des citoyens !

André Viola, président du Conseil départemental de l’Aude et du groupe de gauche à l’Assemblée des départements de France

Cet éditorial est extrait de la lettre de Communes de France n°229 du 11 octobre 2015

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