Les Départements 
face à des enjeux multiples

André Viola La loi NOTRe a confirmé le rôle central des départements pour les politiques de solidarités humaines et territoriales. Dans une société en perpétuelle mutation, face aux crises protéiformes qui bousculent nos certitudes, ces responsabilités ne sont pas minces. Elles font de nos collectivités des remparts incontournables pour protéger les plus fragiles d’entre nous et accompagner les projets des collectivités de plus petite taille.

Si l’action sociale et la solidarité sont inscrites dans l’ADN des départements depuis les premières lois de décentralisation, il n’en demeure pas moins que “les temps ont changé”. La répercussion sur les politiques publiques départementales est simple : nous devons être toujours plus innovants, toujours plus entreprenants.

Loin d’être un simple guichetier attribuant des prestations sociales, c’est surtout sur notre capacité à insérer les publics en difficulté, sur notre démarche de maintien dans l’autonomie le plus longtemps possible des personnes âgées, sur notre soutien à l’indépendance des personnes en situation de handicap que nous sommes attendus.

Dans le domaine des solidarités territoriales, le constat est le même. La loi fait de la collectivité départementale le principal accompagnateur des communes et de leurs groupements dans la réalisation de leurs projets. Mais nous ne devons pas être, là non plus, des guichets de subvention. Sans méconnaître la libre administration de chaque collectivité, et dans le respect des choix de chacun, notre rôle est aussi de fixer des priorités de subvention, basées sur l’analyse que nous faisons de notre territoire, pour engendrer un développement territorial harmonieux et une dynamique économique profitable essentiellement aux TPE et PME.

Ce sont des questionnements qui traversent actuellement les départements de gauche. Nous en avons débattu entre nous lors d’un séminaire à Nancy et nous continuons à le faire à l’occasion de chacune de nos rencontres, comme lors d’échanges informels dans le cadre de la FNESR. Parce que nous sommes pleinement conscients de l’enjeu qui pèse sur les collectivités dans le tissage d’un pacte républicain et d’un contrat social renouvelés.

Notre gouvernement est pleinement acteur de ce dialogue. Il nous en a donné les marges législatives. Il s’apprêtait à nous en fournir les marges financières grâce à la recentralisation du RSA. Nous touchions au but, après de longs mois de négociations. Elles viennent de capoter à cause de la majorité de droite de l’ADF. Cette dernière refuse qu’une prestation sociale d’intérêt national repose sur la solidarité nationale. Elle refuse aux départements un ballon d’oxygène qui leur aurait permis d’être toujours plus innovants.

Nous tenterons de faire face, malgré cette chance historique ratée.

André Viola,
président 
du Conseil départemental de l’Aude
et du groupe de gauche de l’ADF,
trésorier de la FNESR