Défendre le modèle 
social français

André Viola En l’absence de solution aux problèmes financiers des départements, les services publics qu’ils délivrent sont menacés. Derrière ces politiques, ce sont des personnes sans emplois, âgées ou handicapées mais aussi des collégiens et des enfants isolés qui sont concernés. Défendre les départements, c’est défendre un échelon d’action publique de proximité, mais surtout une idée de la cohésion de notre pays, de son modèle social, de la République sociale.

Le gouvernement l’a compris et a proposé, en février 2016, de prendre en charge intégralement le financement du RSA dès 2017 pour corriger l’erreur commise par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en 2004 qui, en décentralisant le RSA, l’a fait peser injustement sur les finances locales plutôt que sur la solidarité nationale.

Cette solution aurait permis, tout en soulageant les comptes des départements, de préserver le bouclier social que représente le RSA. Les conseils départementaux auraient alors pu investir pleinement dans les autres politiques qu’ils mènent, notamment l’insertion, au cœur des problématiques économique et sociale de notre pays. Mais par posture politique, les départements de droite l’ont refusé, au mépris des difficultés de nombreux départements et des conséquences pour les habitants de ces territoires les moins favorisés.

À grand renfort d’une campagne de communication, la majorité de droite de l’ADF rappelle le rôle indispensable des départements et l’impact qu’aurait l’absence d’un geste financier du gouvernement. Cette initiative, à la veille des primaires, laisse apparaître les signes clairs d’une récupération politique.

Je m’interroge donc ouvertement : que veulent les départements de droite ? En refusant tout accord avec le gouvernement sur le RSA, ils ont fragilisé les départements. Préparent-ils le retour du conseiller territorial que proposent les candidats à la primaire de la droite ?

En refusant tout accord, ils fragilisent surtout le RSA. C’est le meilleur moyen de le remettre en cause. D’ailleurs, certains imaginent déjà rendre le bénévolat obligatoire en contrepartie d’un droit universel ! D’autres voudraient déterminer localement à qui, combien et à quelles conditions délivrer cette allocation. C’est la fin d’un modèle social basé sur l’universalité et l’égalité républicaine !

Ce n’est pas mon idée des départements et du modèle social. Je continuerai à défendre une collectivité de proximité capable de répondre aux problématiques concrètes d’un ensemble de territoires et d’assurer l’équilibre entre eux. Je continuerai de promouvoir un socle social universel articulé autour d’une allocation unique, financée par la solidarité nationale comme préconisée par Christophe Sirugue dans son rapport.

C’est pourquoi je continuerai, avec le groupe de gauche de l’ADF, à agir concrètement pour l’égalité d’accès aux droits et l’équité entre les territoires.

André Viola,
président du Conseil départemental 
de l’Aude,
président du groupe de gauche 
de l’Assemblée des départements de France

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