Corse : le Premier ministre rappelle aux nationalistes les principes républicains

Manuel Valls a reçu le 18 janvier Gilles Simeoni, président de l’exécutif de la collectivité territoriale, et Jean-Guy Talamoni, président de l’Assemblée de Corse. Cette réunion avait pour but d’évoquer les partenariats possibles en matière de développement économique, d’emploi, de formation professionnelle et d’apprentissage. Elle a aussi été l’occasion d’aborder la mise en œuvre de la collectivité unique issue de la fusion des deux départements corses et de la CTC à l’horizon 2018. Le gouvernement a également rappelé qu’il est disponible pour ouvrir à la fin du premier semestre des discussions sur un quatrième volet du plan exceptionnel d’investissement (PEI).

Manuel Valls a indiqué que la Corse, par son insularité, son histoire, sa langue, sa culture, est une région à statut particulier dans la République française. Toutefois, le Premier ministre a tenu à rappeler un certain nombre de principes. Depuis la loi Jospin, la République reconnaît pleinement la langue corse, qui est enseignée dans l’Éducation nationale, et le gouvernement est tout à fait favorable à son développement. Mais la co-officialité de la langue corse priverait de leur droit tous ceux qui ne la pratiquent pas, notamment dans la fonction publique ou dans les rapports avec l’administration. Le français est la seule langue officielle de la République. De la même façon, le gouvernement partage la volonté de lutter contre la spéculation foncière. Mais un statut de résident, qui consisterait à limiter l’acquisition de propriété à ceux qui pourraient justifier de cinq ans de résidence en Corse, serait une rupture d’égalité. Enfin, le Premier ministre a rappelé de la manière la plus claire qu’il n’y a pas de “prisonniers politiques” en France, où personne n’est détenu pour ses opinions ou ses engagements. Par conséquent, aucune procédure d’amnistie particulière ne peut être envisagée. En revanche, il y a et il y aura des rapprochements géographiques de détenus, dans le respect des décisions individuelles de la justice et de l’administration pénitentiaire. Le Premier ministre a annoncé la création de trois groupes de travail – des lieux de dialogue, d’échange et de débat – sur l’avenir et sur le développement de la langue corse ; sur la lutte contre la spéculation foncière et la fiscalité ; et sur la mise en place de la collectivité unique et des nouvelles intercommunalités. Le Premier ministre saisira par écrit le président de l’exécutif de la CTC pour préciser les objectifs et la composition de ces groupes.

Cette brève est extraite de la lettre n°242 du 24 janvier 2015