Une convention entre l’Etat et Adoma pour faire disparaître les bidonvilles en France

Le mal-logement est une question lancinante pour la France : il constitue une atteinte à la dignité humaine et une barrière à l’emploi et à l’insertion sociale. Il touche 3,5 millions de personnes dans notre pays, dont un quart d’enfants. C’est pourquoi le Gouvernement a fait de la résorption du mal-logement un pilier de son Plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Dans cette lutte de longue haleine, un cap a été franchi ce 11 mars 2014 avec la signature d’une convention visant la résorption des bidonvilles où vivent aujourd’hui près de 19 000 personnes, dont la moitié en Ile-de-France. Cette convention engage l’Etat aux côtés de la société d’économie mixte (SEM) Adoma.

Adoma, c’est le nom que porte depuis 2007 un acteur historique du logement social en France. Créée en 1956 sous le nom de Sonacotral (Société Nationale de Construction de logements pour les Travailleurs Algériens) pour sortir près de 150 0000 migrants algériens de l’insalubrité, elle est devenue Sonacotra après l’indépendance de l’Algérie. Depuis, elle ne cesse de développer des solutions adaptées en matière d’hébergement et de logement social : elle accueille aujourd’hui près de 70 000 personnes à travers ses résidences sociales, foyers, pensions de familles, aires d’accueil des gens du voyage et centres de stabilisation et d’hébergement d’urgence. Conscient que la question du relogement est sensible pour les personnes et familles concernées, le Gouvernement sait qu’il pourra compter sur la richesse de son expérience en matière d’habitat mais aussi de dialogue et d’insertion sociale.

La mission d’Adoma s’inscrit dans le cadre de la circulaire interministérielle du 26 aout 2012, difficile à appliquer pour des communes qui manquent parfois de disponibilités de foncier et de logement. Mobilisable à l’initiative des préfets, la SEM pourra d’abord apporter son expertise en ingénierie sociale : coordination des acteurs locaux (services de l’État, collectivités territoriales, associations), développement du dialogue social, mobilisation de différentes ressources d’hébergement et de logement, et information sur l’accès des personnes aux dispositifs de droit commun (couverture santé, prévention et soins, aides sociales, aide alimentaire, scolarisation des enfants). D’autre part, Adoma pourra mobiliser son parc de 70 000 logements dont un certain nombre sont vacants. Fort de cette mesure d’intelligence territoriale, le Gouvernement ambitionne ainsi la disparition d‘ici 3 ans, des 430 bidonvilles présents sur le territoire national.

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