Claire Robillard

Elue - Claire RobillardLe hasard des rencontres ?

 

Le parcours de Claire Robillard est représentatif de celui d’une citoyenne avertie qui s’intéresse à la politique. De spectatrice, elle en devient actrice. L’itinéraire d’une femme engagée, du standard de SOS Racisme au fauteuil de maire de Palaiseau.

 

Au départ, Claire Robillard ne se destinait pas particulièrement à une carrière politique. Elle est issue d’un milieu modeste, titulaire d’un BEP, et d’un bac G3en technique commerciale. Elle entre dans la vie active en 1980, comme surveillante d’externat dans un collège du Val-d’Oise. En 1985, elle devient permanente de l’association SOS Racisme, fondée et présidée par Julien Dray. Un an plus tard, elle adhère au PS. Elle conforte son engagement contre le racisme avec la volonté d’une économie plus sociale et solidaire. Elle sera même présidente d’une entreprise de réinsertion à Grigny pendant 10 ans.

Deux ans plus tard, elle intègre l’équipe de campagne de Julien Dray, lorsqu’il se présente aux législatives dans la 10e circonscription de l’Essonne. Claire Robillard devient son attachée parlementaire et le restera jusqu’en 2001. Modeste, elle faillit refuser ce poste, ne se pensant pas à la hauteur.

En 1998, c’est encore Julien Dray qui la pousse à se lancer dans un mandat électif. Elle se présente aux cantonales à Grigny, mais manque l’élection de 80 voix face au sortant communiste. Claire Robillard est une élue locale au sens classique du terme, pour qui la priorité demeure la proximité. Conseillère municipale de Morsang sur Orge depuis 1989, elle s’est investie « dans un parcours progressif, instructif et sans sauter d’étapes ». En 1995, elle devient adjointe au maire en charge de la culture. En 2001, elle se lance à la conquête de la mairie de Grigny, sans succès. Celle-ci reste dans le giron communiste. La campagne fut très rude. Sa permanence était installée dans le quartier populaire de la Grande Borne, elle y fut agressée par un homme armé qui souhaitait la délester de sa carte bancaire.

Son implication dans la vie locale est renforcée en 2004 lorsqu’elle est élue conseillère générale du canton de Palaiseau/Igny, puis vice-présidente en 2008. En charge du développement durable, elle est très attachée à l’application de l’Agenda 21 sur le territoire qu’elle administre. Les enjeux de la taxe carbone deviennent concrets dans l’Essonne

 

Sagesse et caractère

 

Parallèlement à son engagement, elle poursuit sa carrière professionnelle à l’office départemental HLM de l’Essonne. À partir de 2004, elle devient chargée de mission logement à la Communauté d’agglomération du Plateau de Saclay (CAPS).Son parcours atypique, ses expériences heureuses ou non de campagnes électorale sont permis à Claire Robillard de se forger un solide caractère et d’acquérir une certaine sagesse politique. Ces qualités ont séduit François Lamy, qui lui propose de rejoindre sa liste aux municipales de 2008à Palaiseau. Elle devient première adjointe en charge des solidarités, avant de récupérer la culture et la coordination du projet de ville en 2009. François Lamy, nommé ministre délégué à la Ville, démissionne de son mandat de maire. Il place toute sa confiance en son adjointe. Depuis le 2 juin, Claire Robillard dirige la ville de Palaiseau, dont elle est “la maire”, comme elle tient à le souligner. C’est par une citation de Paul Eluard, qui résume bien son parcours, que Claire Robillard conclut son discours d’installation dans son fauteuil de maire : « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres».

Julien Bossu