Charlotte Brun

Elue - Charlotte Brun

Femme de terrain

 

Pour certains, parler de Charlotte Brun, maire adjointe d’Ecouen et secrétaire nationale du PS aux handicaps, c’est faire l’apologie du jeunisme et du féminisme. Or, c’est de tout son contraire dont il s’agit. Certes, Charlotte Brun est une brillante jeune femme de 35 ans, mais ce n’est pas pour ces deux stéréotypes que nous nous intéressons à elle.

 

Engagée est l’adjectif qui peut qualifier le plus précisément Charlotte Brun. Son engagement est assez précoce. D’abord avec le monde associatif et humanitaire lors de son parcours universitaire. Cette ouverture sur l’autre la conduit à faire ses premiers pas en politique en 1995.Elle propose à Isabelle Massin, alors maire de Cergy, de faire campagne à ses côtés. Ce premier engagement reflète son envie d’action. Ce sera même formateur, car il s’agit de ses premiers tractages et porte à porte. Cela la conduit logiquement vers le Mouvement des jeunes socialistes, « très instructif et très formateur ». Elle anime de1997 à 1999 l’équipe des jeunes socialistes du Val d’Oise, puis au bureau national. Elle devient en 2001 la première femme présidente du MJS, poste qu’elle occupera jusqu’en 2003. Elle aura naturellement la charge d’organiser la “campagne jeunes” de Lionel Jospin en 2002.

 

La vie réelle

 

Son expérience à la tête du MJS aurait pu la conduire dans un cabinet ou dans un service de relations publiques. Mais Charlotte Brun a fait le choix d’un emploi qui diffère du rythme de la vie politique, « plus proche de la vie réelle, de la vie des autres ». Elle décide de garder les pieds sur terre en devenant professeur d’histoire-géographie. Elle enseigne depuis 5 ans au collège d’Ezanville. Son arrivée  coïncide avec l’ouverture de cet établissement. C’est dans ce collège dynamique et numérique du Val-d’Oise que Charlotte Brun tente d’éveiller les consciences de ses élèves. Toujours prête à répondre aux questionnements politiques de ses classes, elle ne refuse jamais d’écouter le point de vue des personnes non engagées qu’elle croise en salle des profs ou ailleurs. Elle enseigne à mi-temps. Ce qui lui permet à la fois de s’impliquer dans des projets avec ses élèves et de conforter son engagement local. Car Charlotte Brun n’est pas élue locale pour un plan de carrière. Non, elle l’est car elle vit sur place. En 2001, elle rejoint en effet l’équipe de Bernard Angels à la mairie d’Ecouen. Un premier mandat comme adjointe à la communication. Depuis les dernières municipales, elle est en charge des travaux, de la voirie et du développement durable. Elle est aussi conseillère régionale depuis 2004.

Chemin faisant, son engagement évolue vers une candidature aux législatives. Dans un premier temps, comme suppléante en 2007 et comme titulaire en2012, avec Patrick Haddad pour coéquipier. L’investissement, dont elle a fait part lors des différentes campagnes qu’elle amenées lui a permis de beaucoup apprendre sur les outils politiques. Ce nouveau combat, Charlotte Brun le pense sur le terrain, à l’écoute des gens, toujours dans cette optique du partage, ce besoin de proximité avec la vie locale nécessaire à sa réflexion politique. La passion de son engagement se matérialise par les soutiens qu’elle a reçus : Martine Aubry qui, après l’avoir nommée porte parole de la campagne nationale législative aux côtés de Guillaume Bachelay et David Assouline, est venue la soutenir dans sa circonscription. Benoît Hamon, dont elle est proche, lui a aussi apporté son aide. De quoi rendre la campagne dans la 7e circonscription du Val-d’Oise plus dynamique, plus médiatique. Les médias ne l’ont d’ailleurs pas épargnée, comme le sketch à tendance diffamatoire de l’équipe télévisée Action discrète. Le revers de la médaille, lorsqu’on est talentueuse. Certes, cette campagne s’est conclue par un échec. Mais celui-ci est nuancé par un renouveau de la gauche dans une circonscription très à droite. Une mobilisation un peu plus forte des électeurs de gauche aurait suffi. Plus motivée que jamais, Charlotte Brun va s’empresser de changer durant les 5 prochaines années où elle sera de nouveau sur le terrain afin de mobiliser un maximum de citoyens et créer une dynamique collective pour conforter sa légitimité locale.

Julien Bossu