Carole Delga

Elue - Carole DelgaUne femme de tempérament

 

Députée de Haute-Garonne et maire de Martres-Tolosane, Carole Delga est la nouvelle secrétaire nationale du PS chargée du logement et de l’égalité des territoires.

 

Comme on dit dans son sud-ouest natal,  Carole  Delga  a  du  tempérament.  Une  anecdote  qu’elle raconte  volontiers  l’illustre  bien. En  1994,  fraîchement  titulaire du concours d’attachée territoriale, la voilà dans  le  bureau  du  maire  de  Limoges,  où elle fait son stage. Alain Rodet l’interroge : « D’où venez-vous ? ». « De Martres-Tolosane, capitale de la faïence », répond Carole Delga à son interlocuteur qui manque de s’étrangler  avant  de  lui  rappeler  quel  savoir-faire a fait la renommée mondiale de Limoges…

C’est ce même tempérament qui l’a poussé, l’an dernier, à se présenter à la primaire organisée  pour  la  succession  de  JeanLouis  Idiart,  député  de  la  8e circonscription de Haute-Garonne, qui avait annoncé que  son  4e mandat  serait  le  dernier.  Face à des compétiteurs plus capés qu’elle, Carole  Delga  l’emporte  assez  facilement,  se lance dans une campagne pour le moins dynamique et gagne le siège dès le soir du 10 juin, avec 51,62 % des voix. Seuls trois nouveaux  députés  ont  accompli  l’exploit d’être  élus  au  premier  tour.  À  40  ans,  elle est la plus jeune des trois.

 

Enchaînement de succès.

 

Carole Delga n’avait fait son entrée en politique que quatre ans plus tôt, en conquérant  la  mairie  de  Martres-Tolosane.  Issue d’un milieu modeste, élevée par sa grand-mère,  ses  études  de  droit  et  d’économie l’ont menée à la fonction publique territoriale.  Après  quelques  mois  à  Limoges  où elle a su se faire pardonner son entrée en matière fracassante, elle a fait ses classes dans la haute vallée de la Garonne, dans ce Comminges où elle a ses racines : auprès du maire de Clarac, Dominique Manent, au Syndicat des eaux de la Barousse dont elle dirige les services en 1998 avant d’intégrer en 2005 à Toulouse le Conseil régional. Elle se fait remarquer par son président, Martin Malvy,  qui  apprécie  son  efficacité  au  sein de  la  direction  de  l’aménagement  du  territoire. Le patron de la Région l’encourage dans  son  projet  de  se  présenter  aux  municipales.  En  mars 2008,  elle  devient  première  magistrate  de  Martres-Tolosane  et de ses 2 300 habitants.

Très vite, la jeune maire met au profit de sa ville  sa  connaissance  des  rouages  locaux comme des financements européens. Elle redynamise l’image de la faïence de Martres  qu’elle  promeut  auprès  de  tous  ses réseaux, relançant le Salon des arts du feu qui a noué, pour son 10eanniversaire, une coopération  avec…  Limoges !  Après  son élection à la députation, le site Slate.fr s’est même demandé si toute l’Assemblée n’allait  pas  bientôt  manger  dans  la  vaisselle de Martres…

C’est qu’en quelques années, Carole Delga s’est  imposée  dans  le  paysage  Midi-Pyrénéen. « Vous  avez  affaire  à  une  grande bosseuse », dit d’elle Jean-Louis Idiart, son prédécesseur. Une qualité qui avait poussé Martin  Malvy  non-seulement  à  l’intégrer à sa liste aux Régionales de 2010, mais à faire de cette “novice” sa directrice de campagne. Président de Région le mieux réélu de France – preuve que le duo a plutôt bien fonctionné – Martin Malvy a promu Carole Delga vice-présidente en charge de la ruralité, des services au public et des TIC, fonctions qu’elle a quittées après son entrée au Palais Bourbon.

Malgré l’enchaînement de ses succès, celle à qui rien ne semble pouvoir résister garde la tête froide. « Je suis très lucide », confiait-elle en février à la Dépêche du Midi. « Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient. Je continue  à  faire  mes  confitures  et  mon  jardin potager ».  Et  elle  continue  à  labourer  le terrain,  à  se  battre  pour  empêcher  la  fermeture de la tuilerie de Blajan – combat gagné cet été – à chercher des solutions pour que des médecins généralistes s’installent dans  le  Comminges  et  ailleurs  en  milieu rural, pour que des gosses de familles modestes puissent être un jour député, comme  elle.

Carole  Delga  aime  citer  ces  mots de Jacques Brel : « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir, Et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns ». Elle a encore tant de rêves à réaliser.

Thierry Pourreyron