Capter l’invisibilité sociale

Patricia_Weber (10)bis Élue en mars 2015 dans le canton de Lattes au Conseil départemental de l’Hérault, Patricia Weber en est depuis la vice-présidente déléguée aux solidarités à la personne

Patricia Weber a la fibre sociale et consacre tout son temps à son mandat. Elle a choisi de vouer son parcours à la fois d’élue mais aussi de fonctionnaire à la promotion de la solidarité. La lutte contre les inégalités est sa priorité. Patricia Weber est cadre territorial de formation et exerce depuis 1989. En 1990, elle est permanente de l’UDESR de l’Hérault. En 1994, elle rejoint la direction de l’insertion. Elle y partage son temps avec la permanence de l’UDESR. C’est sa rencontre avec Gérard Saumade, alors président du Conseil général, qui lui fait franchir le pas vers la vie politique. Dans la foulée, elle adhère au PS en 1990, pleinement en phase avec la majorité départementale. « Je me souviens des mots de Gérard Saumade lors de la mise en place de la majorité en 1994 : “Il nous faut considérer la lutte contre les inégalités comme une priorité” », se rappelle Patricia Weber, émue à l’évocation de cette période.

Le département, une évidence

Une autre rencontre viendra la conforter dans son engagement, celle avec Kleber Mesquida, l’actuel président du Conseil départemental. En 2010, elle vit sa première expérience électorale dans un canton urbanisé avec un quartier difficile. Durant cette campagne, elle découvre avec intérêt le porte-à-porte, qui permet un accès direct aux citoyens. Puis en 2015, elle réitère l‘expérience pour les élections, dorénavant départementales, dans un canton périurbain. Elle privilégie les petites réunions pour échanger avec les habitants. « Je me suis également attelée à expliquer les compétences et le rôle du conseil départemental car la mésinformation sur cette collectivité est forte », ajoute Patricia Weber. Élue, elle est vice-présidente déléguée aux solidarités à la personne. Elle voit sa nomination comme une volonté du département de montrer sa place d’accompagnateur de ceux qui en ont le plus besoin. « Les élus chargés des politiques départementales ambitieuses ont un impact sur le quotidien des citoyens. Ils doivent être à l’écoute de leur territoire. Ils sont au plus près des personnes en désarroi et des projets », confie Patricia Weber.

Elle est consciente d’avoir la chance d’arriver dans cette administration en la connaissant de l’intérieur. Elle pratique les acteurs sociaux sur le terrain et entretient des relations fortes avec les CCAS. « Nous travaillons aussi beaucoup avec les associations, elles sont le relais du terrain et le point de vigilance que nous ne devons pas négliger », ajoute-t-elle. Elle organise des permanences dans les communes de son canton afin de rester proche de ses concitoyens. « Les travailleurs pauvres, les viticulteurs en difficulté… Ce sont des personnes qu’il faut écouter car ils peuvent apporter leurs voix aux populistes », ajoute Patricia Weber.

Proche des citoyens

« Le RSA doit rester une compétence du département. Dans le transfert des compétences avec les régions, je souhaite que cela se fasse dans la complémentarité. Les départements ont des savoir-faire qu’ils doivent continuer à exploiter. Ils accompagnent les citoyens tout en étant à l’échelle du terrain », assure Patricia Weber. Elle développe un plaidoyer pour les départements et l’importance de leurs compétences sociales. « C’est une aberration d’entendre que certains veulent supprimer les départements alors que c’est la collectivité la plus sociale et par la même occasion la plus proche des citoyens. On annonçait la mort des départements, mais non, ils ne sont pas morts. Leurs missions vont de la grossesse au bien vieillir. Ils sont un filet de sécurité auquel tout le monde peut se raccrocher », conclut Patricia Weber.

Julien Bossu

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