Ce que le Brexit nous dit de nos ruralités

“L’analyse du vote qui s’est déroulé le 23 juin en Grande-Bretagne met en exergue une fracture ville/campagne dont l’Association nationale Nouvelles Ruralités mesure toutes les conséquences, partout en Europe. La Green Belt, la ceinture agricole qui entoure les grandes agglomérations anglaises, rassemble les plus fervents soutiens du Brexit, suivie de près des stations balnéaires anglaises qui sont aujourd’hui tombées en désuétude.

Un fossé idéologique semble s’être définitivement creusé entre métropoles et territoires de la périphérie ou ruraux où relégation, sentiment d’abandon exacerbent repli sur soi et nationalisme exacerbé. Election après élection, dans tous les pays de l’Union européenne, cette faille géographique entre villes et campagnes grandit et se traduit par des votes extrêmes. La pensée unique en faveur de l’urbanité se traduit par des politiques d’aménagements du territoire très déséquilibrées. Désertification des villages et bourgs, fermeture des services publics ne sont pas fantasmés. Les habitants éloignés, physiquement ou socialement des centres de décision, se sentent laissés pour compte.

L’avenir de l’Europe ne passe-t-il pas pourtant par les territoires ruraux ? En France, la ruralité concerne 60% de la population. Il est temps de découvrir les atouts de ces territoires, de travailler à leur développement, de répondre aux attentes et aux besoins de leur population. L’Association nationale Nouvelles Ruralités réunit des élus politiques de tous horizons et institutions, et autant d’acteurs de la société civile, chefs d’entreprise, universitaires, responsables associatifs, citoyens. Elle propose de poser un autre regard sur le monde rural, à peser sur l’élaboration des politiques, en France et en Europe, en faveur des citoyens qui y vivent, veulent s’y installer, habiter, travailler… ”

Déclaration de Patrice Joly, président de l’ANNR et du Conseil départemental de la Nièvre, le 27 juin 2016