Anne-Marie Escoffier

Elue - Anne-Marie EscoffierDe l’Aveyron au ministère de la Décentralisation

 

C’est donc une ancienne préfète qui secondera Marylise Lebranchu dans l’élaboration du nouvel acte de la décentralisation : Anne-Marie Escoffier, quia fait son entrée dans le gouvernement Ayrault II au lendemain des législatives, avec le titre de ministre déléguée à la Décentralisation.

 

Ancienne préfète, oui, mais aussi et surtout élue locale. Et de celles qui sont allées chercher leur mandat en terre de mission : c’est dans l’Aveyron conservateur qu’elle a conquis de haute lutte en 2008 le canton de Rignac. Anne-Marie Escoffier s’attaquait – excusez du peu – au fief de Jean Puech, ancien-ministre UMP de l’Agriculture, alors président du Conseil général. Un canton que Jean Puech détenait depuis 1970. Quelques mois plus tard, avec son colistier Alain Fauconnier, elle arrache à la droite les deux sièges de sénateurs du département. Deux victoires “historiques” qu’Anne-Marie Escoffier a bâties avec sa ténacité, ses convictions et son histoire.

Cette Landaise – elle est née à Dax le15 août 1942 – licenciée de lettres, a fait une première carrière dans l’Éducation nationale, comme professeure puis dans divers postes en administration à Lyon, Marseille et Amiens. En 1982, elle rejoint le ministère de l’Intérieur, d’abord à la préfecture de la Somme puis en administration centrale dès 1984. Elle y acquiert son excellente connaissance de la mécanique territoriale. En 1992, elle intègre l’inspection générale. Un an plus tard, elle est rapporteure générale de la commission d’études sur les relations financières entre l’État et les collectivités locales.

C’est en 1999 qu’elle découvre l’Aveyron, où Jean-Pierre Chevènement la nomme préfète. Jean Puech préside le Département depuis 1976. Mais Anne-Marie Escoffier ne se laisse pas impressionner.« Face à Jean Puech, qui considérait son département comme une principauté et se posait en ennemi juré des gouvernements de gauche, elle avait la rigueur des grands représentants de l’État », se souvient Alain Fauconnier, sénateur-maire PS de St-Affrique. Et lorsqu’en 2002 Jean Puech obtient qu’elle soit mutée dans l’Yonne, elle garde un pied à terre en Aveyron, à Belcastel.

C’est de là qu’Anne-Marie Escoffier repart six ans plus tard à l’assaut de la forteresse Puech. Mais cette fois-ci elle est entrée en politique, dans les rangs du Parti radical de gauche. Elle est élue conseillère générale puis sénatrice. Au Palais du Luxembourg, elle obtient la vice-présidence de la délégation aux collectivités territoriales et – déjà – à la décentralisation. Puis en 2011, la présidence de la mission d’information sur les conséquences de la suppression de la taxe professionnelle et de son remplacement par la contribution économique territoriale (CET).

 

Domaine familier

 

C’est dire à quel point le domaine de son ministère délégué – la Décentralisation– lui est familier. Martin Malvy, le président de Midi-Pyrénées, sa région d’élection, l’a souligné dès sa nomination: « Elle connaît les territoires et le rôle des collectivités locales. Cela place sous de bons auspices le débat à venir sur la réforme annoncée par le président de la République ». La suppression des conseillers territoriaux figure en première place sur sa feuille de route. « Elle sera ma priorité absolue », rappelait-elle le 22 juin à l’antenne de Totem, la radio aveyronnaise, « pour essayer de trouver un dispositif qui soit un peu plus porteur pour l’ensemble du territoire et qui soit plus respectueux des besoins des uns et des autres ».

Thierry Pourreyron