2016 marque l’amorce d’un redressement des finances locales

Auditionné le 14 février dernier par la commission des finances de l’Assemblée nationale sur les résultats budgétaires au titre de l’exercice 2016, le secrétaire d’État au Budget Christian Eckert a livré quelques premières données esquissant un rebond des finances locales, après des exercices 2014-2015 particulièrement difficiles pour les acteurs territoriaux.

Principal ratio permettant de jauger la situation financière d’une collectivité, leur niveau d’épargne brute (recettes de fonctionnement desquelles sont déduites les dépenses de fonctionnement) aurait progressé de près de 10 % en 2016 (+9,37 %), signe que malgré la baisse des dotations entamée depuis 2014, les collectivités locales, de manière générale, parviennent à recouvrer certaines marges de manœuvre financières. Cette forte hausse, qui ne doit pas cacher de très importantes disparités, notamment au sein du bloc communal ainsi qu’entre départements, est notamment due à une réelle maîtrise des dépenses de fonctionnement (+0,8 %), qui évoluent à un niveau proche de l’inflation, principalement du fait d’un coup de frein mis à l’évolution des dépenses de personnel depuis 2 ans. Les recettes fiscales, certes moins dynamiques qu’en 2015, permettent également de desserrer l’étau autour des budgets locaux.

Le point de préoccupation majeur reste l’investissement public local, qui continue malgré tout de diminuer (-2,3 % en 2016), principalement du fait des départements et des régions. La meilleure santé de la section de fonctionnement des collectivités locales, conjuguée à des dépôts en trésorerie atteignant 38 milliards d’euros (contre 35 l’an dernier) – signe que les élus ont développé une épargne de précaution –, incitent toutefois à une forme d’optimisme quant à l’évolution à court terme de la situation financière des territoires.

Romuald Sautier