Un territoire charnière

 Maire de Rochechouart, Jean-Marie Rougier est premier vice-président de la communauté de communes Porte Océane Limousin

Pour Jean-Marie Rougier, s’engager pour les autres est venu naturellement et cela débute par le monde associatif où il fait, très jeune, ses premières armes. «J’avais 20 ans lors des événements de mai1968. J’ai connu cet esprit de changement et le besoin de s’investir et c’est ce que j’ai fait», raconte Jean-Marie Rougier. Il rejoint le Parti Socialiste durant la campagne pour l’élection présidentielle de 1974. Professeur de mathématiques en collège, Jean-Marie Rougier est très investi dans sa commune de Rochechouart. Il est rapidement sollicité. «J’étais le jeune actif qui se démarquait dans le paysage local. Le maire communiste de l’époque m’a demandé de rejoindre sa liste d’Union de la Gauche pour les élections municipales de 1977», poursuit Jean-Marie Rougier, qui entre pour la première fois au conseil municipal de Rochechouart. «Cette entente politique durera jusqu’en 2001, année, où l’électorat socialiste nous place devant. J’ai donc pris la tête d’une liste PS et promouvant un plan de développement de la commune», ajoute celui qui est devenu maire de Rochechouart.

Gestion et finances

Jean-Marie Rougier est élu conseiller régional du Limousin en 2004. Il y trouve une plus grande visibilité sur les politiques territoriales et économiques. «En 2007, je suis désigné vice-président du Conseil régional où je suis chargé des finances», précise Jean-Marie Rougier qui a participé en 2015 à la fusion des régions Aquitaine et Limousin. Dans le même temps et pour le sortir un peu des chiffres, il préside le Parc naturel régional (PNR) du Limousin entre 2007 et 2011. «Je me suis attablé à la révision de la charte de politique environnementale», ajoute-t-il. Toujours très au fait des questions financières, Jean-Marie Rougier est par ailleurs vice-président de la Communauté de communes Porte Océane Limousin, où il est, là encore, chargé des questions financières. «Avec la baisse des crédits, et cela ne va pas aller en s’arrangeant, nous avons besoin de véritables règles de gestion. Nous sommes à la recherche de stabilité», déplore Jean-Marie Rougier, qui est également membre de l’APVF.

La clé de l’attractivité

Le maire de Rochechouart a grandement contribué à la modernisation de sa commune, notamment avec la mise en place d’un pôle socio-culturel dans une ancienne gare et la création d’une médiathèque. La révolution numérique n’est pas non plus oubliée : «Nous sommes conscients de la nécessité pour notre ville d’être connectée. C’est une condition d’attractivité pour l’économie locale mais aussi pour l’installation de nouveaux foyers. Nous avons choisi de refonder le site internet de la commune, afin d’améliorer la communication directe et la dématérialisation des services de l’eau, de l’assainissement et de la cantine. Nous souhaitons installer des lieux de coworking: les tiers-lieux. Nous sommes une ville à la campagne, nous nous devons de proposer un grand nombre de services». La fin du déploiement du réseau internet est prévue pour 2020, c’est un dossier qui est traité au niveau de la Communauté de communes. Cette dernière est issue de la fusion au 1er janvier 2016 de la Communauté de communes Vienne-Glane et de celle du Pays de la Météorite, qui doit son nom au fait qu’une météorite est tombée il y a près de 200 000 ans sur le territoire de Rochechouart. Autre chantier d’envergure, celui de la revitalisation du centre-bourg. «Nous menons un projet transversal visant à améliorer le quotidien des habitants et replacer le centre-ville au centre de la vie communale. Ce chantier allie mise en conformité de l’accessibilité, la réhabilitation des espaces verts, la rénovation thermique des bâtiments et le renforcement des commerces de proximité. Nous y avons également installé une antenne du PNR, ainsi que l’office de tourisme», explique le maire. Cette réhabilitation s’accompagne de l’ouverture d’une maison de santé regroupant dix praticiens.

«Je suis pour le renforcement de l’intercommunalité et la régionalisation, cela permet une clarification des compétences. Le passage dans la nouvelle région nous fait passer dans une autre dimension et une autre efficacité. Cependant, la distance entraîne inexorablement une perte de proximité et l’aménagement du territoire reste à définir», conclut Jean-Marie Rougier.

Julien Bossu