« L’esprit d’innovation », par Pierre-Alain Weill

P A Weill2016 commence par un nouveau plan pour l’emploi. Une semaine avant ces propositions de François Hollande pour l’emploi, se tenait aux Etats Unis le Salon mondial en matière d’électronique. La digitalisation et le développement des objets connectés en font aujourd’hui un rendez-vous incontournable de l’innovation produit. En parcourant le Salon, on constate que le numérique change non seulement les produits mais nos métiers. On ressent à quel point l’innovation est au cœur du marché et de nos emplois demain. La France y était bien représentée par 128 startups de la French Tech. Réjouissons-nous d’avoir des entreprises innovantes. Par leur soutien, la création d’incubateurs, les aides multiples, nos villes, nos territoires sont déjà impliqués dans cet effort. Mais les startups de la French Tech ne doivent pas cacher les retards pris ailleurs. 59 % des entreprises françaises de plus de 20 salariés déclarent ne pas avoir tenté d’innover au cours des dernières années !

L’innovation peut prendre des formes multiples et trouver sa place dans les produits, les services, la production, les usages, les relations clients-fournisseurs, les marchés et les financements.

L’année 2016 sera un tournant. Jamais les capacités dans le traitement des algorithmes, de la génétique, du numérique, de la robotisation n’ont été aussi nombreuses et simultanées.

Le Chef de l’Etat pour annoncer son plan emploi, déclare : «Il y a un état d’urgence économique et sociale». Tentons de répondre à l’urgence tout en préparant l’avenir. Pour les entreprises, les aubaines contribuent à la décision d’embauche mais nous savons que c’est le carnet de commandes et la visibilité qui restent la clef. Cette reprise sera plus durable si nous anticipons les changements de la demande. Demain, nous ne consommerons pas les mêmes produits et nous les produirons et les distribuerons certainement différemment.

La culture de l’innovation se développe mal dans les organisations trop verticales. Il nous faut commencer dès l’école à valoriser le travail collaboratif et l’expérience collective et dans nos entreprises renforcer le dialogue social.

Comme élus, nous pouvons et devons contribuer à cette mutation, ses enjeux, ses opportunités mais aussi réfléchir aux effets parfois négatifs en matière de production, d’organisation, d’emploi.

En économie, le statu quo ou le retour en arrière sont des leurres promis par les réactionnaires ou les populistes. Face à la peur du changement, sur nos territoires, le rôle de la gauche, parce qu’elle revendique son choix pour la transformation quand elle s’accompagne de progrès, doit être, dans cette période de mutation, de donner du sens.

Parlons-en. Grâce à l’innovation justement, nos échanges sont déjà facilités, nous ne sommes plus à 100 ou 1 000 kilomètres les uns des autres mais à un simple clic de distance.

Pierre-Alain Weill, secrétaire national du PS

Cet éditorial est extrait de la lettre n°242 du 24 janvier 2016