L’élue de la semaine: Gaëlle Lenfant

Gaëlle LenfantGaëlle Lenfant est élue dans l’opposition municipale d’Aix-en-Provence et à la nouvelle Métropole d’Aix-Marseille-Provence. Forte de son engagement féministe, elle met à profit son énergie à la lutte contre les discriminations

Gaëlle Lenfant n’est pas issue d’une famille politisée. C’est au lycée qu’elle commence à s’intéresser au débat d’idées. « J’ai dû faire face à une enseignante marquée à l’extrême-droite. Cette situation m’a poussé à prendre conscience de l’intérêt de la politique », explique Gaëlle Lenfant. Elle participe au mouvement contre la loi Devaquet. A l’université, elle fait un court passage par l’UNEF mais c’est le 21 avril 2002 que le déclic a vraiment lieu : « J’étais avec des amis le jour où Jean-Marie Le Pen s’est retrouvé au second tour de la présidentielle. Ce soir là, nous avons décidé d’adhérer au Parti socialiste. Nous avons cherché dans l’annuaire le numéro de la section locale. Après avoir fait le constat d’échec de la campagne présidentielle, nous avons décidé de mettre les mains dans le cambouis », confie Gaëlle Lenfant. Au début, elle craignait d’être muselée et de devoir suivre une ligne politique établie par le Parti. Mais, au fur et à mesure des rencontres, elle a beaucoup appris sur son fonctionnement notamment avec Fréderic Vigouroux, actuel maire de Miramas. Dès le congrès suivant, elle prend du galon et entre au Conseil fédéral. En 2009, Martine Aubry, alors 1ère secrétaire du PS, la nomme secrétaire nationale adjointe au droit des femmes : « Elle souhaitait donner sa chance à une femme engagée pour la cause des femmes ».

Savoir écouter

C’est en 2007 que Gaëlle Lenfant se présente pour la première fois à une élection, législative. « Etre candidat sur son nom est une expérience formatrice. Je garde le souvenir d’une grande participation des militants qui donne force à l’engagement et nous font dépasser les limites », précise-t-elle. La circonscription était imprenable. Malgré son arrivée au second tour, Gaëlle Lenfant en demeure la candidate malheureuse. Cette expérience lui met le pied à l’étrier et en 2010 Michel Vauzelle lui propose une place sur sa liste pour les élections régionales. Elue pour un premier mandat, elle devient vice-présidente de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur : « J’étais très honorée d’avoir des responsabilités et que l’on fasse confiance à une jeune élue ». Dans un premier temps, elle est chargée de la solidarité, de la prévention et de la lutte contre les discriminations. Deux ans plus tard, elle se voit confier la jeunesse. Elle prend en charge le conseil régional des jeunes. Elle est très attachée au partenariat que la Région a noué avec le ministère de la Justice pour la prévention et la réinsertion des jeunes. « Le 14 novembre dernier, nous avions une visite prévue de longue date à la fondation du camp d’internement et de déportation des Milles d’Aix-en-Provence. Avec Michel Vauzelle, nous avons eu un dialogue avec les jeunes de près de deux heures et d’une forte intensité. Savoir les écouter est une vraie leçon de vie », explique Gaëlle Lenfant. Lors des municipales de 2014, elle entre au conseil municipal d’Aix-en-Provence en tant qu’élue d’opposition et en 2015, elle est élue à la Métropole d’Aix-Marseille-Provence. Elle a parallèlement retrouvé son emploi de bibliothécaire, dont elle était en disponibilité.

Féministe engagée, elle n’a de cesse de mener le combat pour l’égalité femme-homme : « Ce travail a du sens, nous avons des années de retard à rattraper pour sortir de cette société patriarcale. Il y a un effort constant à faire dans la prise de conscience. On ne peut pas faire changer les gens d’avis en cinq minutes mais on peut au moins tenter de provoquer un déclic. Je suis persuadée que nous avons raison de mener ce combat pour une société plus raisonnable, fraternelle, humaniste et féministe », conclut Gaëlle Lenfant.

Julien Bossu

Ce portrait est extrait de la lettre n°248 du 6 mars 2016

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