L’élu de la semaine: Stéphane Hablot

Stephane HablotLe maire formé par la rue

Stéphane Hablot est maire de Vandœuvre-lès-Nancy et conseiller départemental de Meurthe-et-Moselle. Depuis ses débuts en politique, il ne cesse de démontrer son attachement aux valeurs humanistes

Stéphane Hablot est originaire de Longwy, en plein bassin sidérurgique. Il a vécu la fin de l’acier, avec les fermetures d’usines. À 14 ans, il a davantage fréquenté les terrains de football avec les copains que les bancs de l’école. Une mutation familiale le conduit à s’installer à Vandoeuvre-lès-Nancy. C’est là qu’il prend conscience que le politique se vit au quotidien : « Je me suis découvert autrement, je me suis mis à lire et le premier livre que j’ai lu portait justement sur les ouvriers de la sidérurgie. C’était une autre vie qui s’ouvrait à moi ». Après son bac économique et social, il poursuit ses études universitaires dont il sortira diplômé d’un master.

La vocation pour la politique lui vient de ce milieu difficile dans lequel il grandit et de sa mère, institutrice et conseillère municipale de gauche dans une commune communiste : Longlaville. Lui, c’est vers le PS qu’il se tourne. Il y adhère à 22 ans tout en gardant un attachement à sa liberté de pensée : « Je préfère sortir des appareils politiques, je cherche avant tout l’union et le rassemblement ». Il mise sur une politique de proximité dont il tire une certaine fierté lorsqu’il réussit à convaincre les électeurs.

La formation du terrain

Il est contacté par Pierre Rousselot pour le rejoindre sur sa liste pour les municipales de 1989. C’est sa première campagne et il est élu conseiller municipal. « Lors de ce premier mandat, j’ai réussi à mettre en place en 1994 une « carte municipale jeune » permettant un accès à la culture et au sport à 2 500 jeunes boursiers », précise Stéphane Hablot. L’ouverture sur la culture est une de ses priorités. Il organise un grand nombre de spectacles de tous genres. Pour lui, « la culture n’est pas un luxe, c’est un combat ».

Après une défaite aux élections de 1995, Pierre Rousselot lui conseille de se présenter dans le nouveau canton de Vandoeuvre-lès-Nancy, qui vient de se créer. Malgré une triangulaire avec le FN, il remporte l’élection avec 52 % des voix. Il est le benjamin du Conseil général de Meurthe-et-Moselle et sera réélu sans discontinuer jusqu’à aujourd’hui : « Lors des élections départementales de mars 2015, c’était déjà une grande victoire au premier tour de sortir le candidat d’extrême droite puis de l’emporter au deuxième tour ». Depuis 2008, il est maire de Vandœuvre-lès-Nancy, où il multiplie les initiatives participatives. À l’image de l’Université populaire de Vandœuvre, gratuite et ouverte à tous, qui a pour ambition de faire émerger la connaissance et l’expérience de chacun au service de notre avenir commun. Des cycles de conférences sont proposés tout au long de l’année accompagnées par des ateliers participatifs. Ce sont des laboratoires d’idées qui contribueront à la réflexion des acteurs politiques, économiques, et socioculturels de Vandœuvre-lès-Nancy.

Souffrance et inquiétude

Pour lui, on ne doit pas parler du FN, « il n’existe pas ». Il ne faut pas focaliser la construction d’un programme politique uniquement sur le « contre » mais apporter de véritables propositions aux citoyens. Il faut apporter des projets concrets. Après les résultats des dernières élections régionales, Stéphane Hablot préconise de tenir compte de l’expression du peuple qui a exprimé sa colère dans son vote anti-système. « Il faut revenir aux fondamentaux comme l’a fait le programme du Conseil national de la Résistance, se concentrer sur les causes et plus seulement sur les conséquences, avec une politique plus humaniste, qui ne se contente pas de concentrer les gens dans des ghettos, de ne pas cacher la misère mais faire revenir les services publics partout, insister sur le principe de laïcité, sur le vivre ensemble et revoir l’école de la République, qui est sur le point d’exploser. Les temps ont changé mais les valeurs sont éternelles », affirme Stéphane Hablot.

 

Julien Bossu

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°237 du 16 décembre 2015

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