L’élu de la semaine : Robert Herrmann

Dialoguer, débattre et arbitrer

Président de l’Eurométropole de Strasbourg, Robert Herrmann est adjoint au maire de la capitale Alsacienne, en charge de la sécurité et du domaine public

Peu loquace sur sa vie précédant son entrée en politique, Robert Hermann est issu d’une famille nombreuse et populaire. Rapidement, il délaisse les bancs de l’école pour prendre le chemin de l’entreprise. Robert Herrmann a fait son début de carrière professionnelle dans le secteur privé, avant de rejoindre le secteur associatif.
C’est en 1979 qu’il décide d’adhérer au Parti socialiste. « Mes premières réflexions politiques m’ont d’abord conduit vers l’extrême gauche. Puis, j’ai eu envie de m’investir auprès d’un parti qui pouvait apporter un véritable changement de société. Pendant une décennie, j’ai fait mes armes en devenant permanent du PS et en étant plusieurs fois directeur de campagne », se souvient-il. Il sera élu pour la première fois en 1989 adjoint au maire de Strasbourg. « J’ai eu la chance d’avoir pour maire Catherine Trautmann, qui était une maire exceptionnelle avec une vision de la ville et de la société qui me convenait parfaitement. Elle était rocardienne et moi mitterrandiste et pourtant, nous avons su pleinement travailler ensemble. Je garde beaucoup d’admiration pour Catherine Trautmann qui est aujourd’hui vice-présidente de la métropole », confie Robert Hermann.

Transformer la ville
Le nouvel exécutif municipal insuffle une transformation de la ville, comme la mise en place du programme tram-vélo-métro pour un apaisement de la circulation en milieu urbain. « Nous avons pris à cœur le chantier de la réhabilitation des quartiers et avons porté une attention particulière à la culture. ajoute-t-il. C’est un premier mandat que j’ai trouvé magnifique. J’étais adjoint aux Sports. Ce n’était pas forcément mon domaine de prédilection mais il a été jugé que ma capacité à l’empathie était un avantage pour traiter avec le milieu associatif sportif. Un monde qui manque cruellement de reconnaissance », confie Robert Hermann qui rappelle que cette même liste a été réélue dès le premier tour lors des élections municipales suivantes. Ce résultat est honorable pour un territoire qui n’est pas considéré comme une terre de gauche. « Cela reflète la satisfaction de la population à l’égard des actions que nous avons menées dans les différents domaines », poursuit Robert Hermann, qui sera par la suite nommé secrétaire national du PS chargé du sport, mandat au cours duquel il s’est attelé à réformer et à rationaliser l’usage de l’argent dans le sport.
Lors des municipales de 2001, la gauche strasbourgeoise est battue. Commence alors le premier mandat de Robert Hermann dans l’opposition. « Il a fallu combattre le programme mis en place par la majorité de droite. Nous avons fait face à une gouvernance d’une grande brutalité », explique-t-il. Fait anecdotique, le soir de la défaite aux municipales, Robert Hermann est élu conseiller général du 1er canton de Strasbourg qui n’avait jamais été à gauche.
À cette même période, il reprend des études et met à profit une avancée sociale de la gauche, la valorisation des acquis professionnels. Il décroche un master et crée, avec des amis, une entreprise de conseil en gestion des collectivités publiques. Il quitte l’entreprise lorsqu’il est réélu dans la majorité municipale, afin d’éviter tout conflit d’intérêts. « D’ailleurs, je trouve qu’il y a trop de suspicions sur les responsables politiques. À vouloir trop de transparence, on met le doute sur tous. Il faut savoir condamner les abus, sanctionner lorsqu’il le faut mais sans amalgamer », souligne Robert Herrmann, qui a fait voter récemment une retenue sur indemnité en cas d’absence aux sessions de travail à la métropole.

« Être intelligent ensemble »
En 2008, il est le 1er adjoint de Roland Ries. En avril 2014, il est élu président de la communauté urbaine. Il s’occupe du passage au statut d’Eurométropole en janvier 2015 et est réélu, à sa tête, en janvier 2017 à la suite de la fusion avec la communauté de communes Des Châteaux. Il mène une politique de coalition efficace à l’Eurométropole, en faisant la part belle au débat et travaillant avec des arbitrages constructifs. Le travail s’active autour de cinq axes majeurs : le développement économique, le logement, la recherche, la transition énergétique et numérique et les mobilités. « Les chiffres le prouvent. Cette méthode de travail fonctionne. On a décidé de l’unité pour l’intérêt général dans la conservation et la reconnaissance explicite des identités politiques », précise Robert Herrmann, qui apprécie le climat apaisé qui règne à la métropole. Européen convaincu, il déplore que « l’Europe ne soit pas assez mise en avant dans les projets réalisés. Elle soutient beaucoup de projets mais les citoyens ne le savent pas. Elle est trop perçue comme une Europe normative ou de la souffrance. À Strasbourg, nous avons le premier tramway transfrontalier d’Europe qui rejoint la ville de Kehl. Nous devons donner sens à cette initiative pour d’autres territoires et ne pas être une exception. C’est un travail à faire sur les territoires de vie ».
Julien Bossu