L’élu de la semaine: Réza Salami

RŽza SalamiDe l’Iran au Finistère

Réza Salami, élu de la métropole brestoise et adjoint au maire de Brest, est en charge du quartier Brest-Centre, des jumelages et de la solidarité internationale. Il siège également au conseil départemental du Finistère

Né à Téhéran au sein d’une famille nombreuse, Réza Salami a vécu la révolution iranienne de 1979 de l’intérieur en s’impliquant dans la contestation du pouvoir du Shah. Il quittera l’Iran dans les années 1980 pour la France où il obtient l’asile politique. Après un bref passage dans la capitale, il s’installe à Brest et devient dans un premier temps professeur d’échecs avant d’ouvrir un commerce dans le centre-ville. Proche de la gauche révolutionnaire lorsqu’il se politise en Iran, c’est vers le Parti socialiste qu’il se tourne en France. Il prend sa carte en 1996. «On trouve dans les racines de mon parcours les raisons pour lesquelles j’ai choisi d’adhérer au PS. En France, j’ai fait le point sur mon passé et le PS représentait l’idée que je me faisais des valeurs républicaines dans une démocratie», confie Réza Salami.

Il adhère à la section socialiste brestoise afin de «donner un avenir meilleur aux générations futures». Réza Salami en devient rapidement le secrétaire, fonction qu’il occupe pendant douze ans. «J’ai apprécié travailler dans l’ombre et faire avancer le débat politique», explique Réza Salami qui, en 2008, décide de franchir un pas de plus sur le chemin de l’engagement en se présentant au suffrage populaire. Il se lance dans une campagne multiple. Il se présente aux élections municipales et fait son entrée au Conseil général du Finistère pour représenter le canton de Brest-Centre. «Je suis très touché d’avoir été élu dans une région ouverte humainement. Je suis fier que les électeurs aient eu de la sympathie pour un nom à consonance étrangère et qu’ils aient choisi de faire confiance à un homme qui n’est pas né à Brest. C’est aussi une victoire de savoir que c’est dans mon canton que le score de l’extrême-droite est le plus faible», déclare Réza Salami.

Solidarité internationale

«Je suis assez fier d’avoir été le premier homme de gauche à ravir le canton de Brest-Centre à la droite», ajoute-t-il. Élu à la métropole brestoise, c’est dans ce cadre qu’il a développé des liens très forts avec les associations locales, particulièrement dans le domaine des relations internationales. Il assure les bonnes relations avec les neuf villes jumelées, comme avec Plymouth et Kiel, où un programme d’échange scolaire concernant les élèves et leurs professeurs a été instauré. Depuis mars 2008, un projet d’amélioration de l’acheminement de l’eau et l’assainissement à Sapons, au sud de Ouagadougou, a vu le jour.

Émotion et fierté

En 2014, il est de nouveau élu à Brest et comme conseiller métropolitain. En 2015, il est candidat à sa succession au Conseil départemental. «Cette dernière élection a été plus difficile, le contexte n‘était pas le même et en face de moi j’avais pour adversaire l’ancienne préfète de Bretagne. Il ne fallait pas avoir peur de l’échec pour se représenter. Mon action sur le terrain et mon écoute des gens ont payé et me voilà réélu», raconte Réza Salami. Au Conseil départemental, il est membre de la commission du développement économique. À cet égard, il est un peu critique sur la loi NOTRe : «Elle limite les actions de levier économique. Il y a toujours un manque d’informations sur les compétences des départements et celles des autres collectivités territoriales. Les citoyens ne repèrent pas assez les rôles de chacun. Je crains que les départements ne se retrouvent qu’à s’occuper du volet social».

Julien Bossu

Ce portrait est extrait de la lettre de Communes de France n°237 du 16 décembre 2015

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