L’élu de la semaine : Laurent Civel

Une vie faite de rencontres

Laurent Civel est maire de Rion-des-Landes depuis 2014. Il est le directeur de campagne de Boris Vallaud, candidat socialiste de la troisième circonscription des Landes, qui fût celle d’Henri Emmanuelli

Laurent Civel ne se destinait pas à la vie politique. Natif de Dax, il grandit à Mont-de-Marsan. Ses études en sciences politiques le conduisent à Toulouse et à Bordeaux mais, c’est à Paris qu’il s’installe lorsqu’il entre à la Caisse des dépôts et consignations. Son chemin professionnel, le fait se rapprocher de son sud-ouest, plus précisément à Bordeaux, où il se spécialise dans les centrales photovoltaïques au sol. C’est dans ces circonstances qu’il rencontre Henri Emmanuelli. « La première fois que j’ai rencontré Henri Emmanuelli, il m’a demandé c’est quoi ce truc ? en parlant des énergies renouvelables. Je lui ai expliqué notre concept de SEM et il a tellement apprécié l’idée, qu’il la prise, ainsi que l’homme. Nous avons travaillé à la mise en place de la SEM Enerlandes, la première du département », raconte Laurent Civel. Cette dernière a pour objectif de développer toutes les énergies renouvelables.

« Je suis très touché de la disparition d’Henri Emmanuelli. Tout simplement, je lui dois tout. J’ai vécu cette rencontre comme un transfert père-fils politique. D’ailleurs, j’étais dans le même lycée que son fils. Il m’a tout appris, l’honnêteté, la droiture, le combat et ce, même dans la maladie », confie Laurent Civel.

Un passage de relais, dans la continuité

Laurent Civel se rapproche aussi de Joël Goyheneix. « Avec Henri Emmanuelli, ils m’ont poussé à me lancer en politique. J’en avais déjà l’envie. C’est le déclic qu’il me fallait », ajoute Laurent Civel, qui a su gagner la confiance des Rionnais en leur expliquant ce qu’il pourrait leur apporter. Afin de respecter les valeurs socialistes et de ne pas trop frustrer les membres de l’équipe municipale déjà en place, des primaires sont organisées, avec deux autres prétendants. Laurent Civel est le candidat désigné comme tête de liste socialiste et il remporte l’élection après un suspense insoutenable… victoire à 100 % lors du premier et unique tour de l’élection municipale de 2014.

Il se place dans les pas de son prédécesseur, Joël Goyheneix, qui est toujours conseiller municipal et président de la communauté de communes du Pays Tarusate. Rion-des-Landes fait partie des communes non soumises au régime forestier de l’Office National des Forêts. « Notre forêt communale est en gestion propre, avec quatre agents municipaux qui y travaillent. Ils sont aussi en charge des espaces verts de la commune », précise Laurent Civel qui fait planter un pin des Landes à chaque nouvelle naissance.

Mutualisation des services et des idées

Depuis le premier janvier dernier, les communes de Rion-des-Landes et de Boos ont fusionné afin de former une commune nouvelle. « Cette fusion est la suite logique de l’entente parfaite que les deux communes connaissent depuis plus de 30 ans. Cela s’est fait sans stratégie », déclare Laurent Civel. C’est un cas d’école dans le domaine des communes nouvelles, notamment pour ce département des Landes où le phénomène ne prend pas, les tractations ont duré moins de six mois. Boos avait déjà pris l’habitude d’envoyer ses enfants à l’école à Rion-des-Landes. Les habitants des deux communes ont rapidement accepté le projet : les impôts ont diminué, la DGF a augmenté et la DETER est maintenant accessible. « Nous avons différents projets, comme l’agrandissement de la médiathèque. Elle est collée à l’EPAD, cela permet une mixité intergénérationnelle », explique Laurent Civel, qui souligne qu’il est « de son devoir d’apporter la culture aux habitants qui n’auraient pas forcément fait le déplacement, nous leur proposons un théâtre et un cinéma. Nous incitons également les jeunes de la commune à l’ouverture sur le monde en leur offrant leur passeport à leur majorité ».

Être maire lui a appris que la proximité et la confiance des habitants sont la base d’un mandat réussit. « Le plus dur réside sûrement dans la réélection car il faut que cette confiance soit reconduite », conclut Laurent Civel.

Julien Bossu