L’élu de la semaine :Jean-Louis Piot

Une vie, deux carrières

Jean-Louis Piot, adjoint au maire de Camon est conseiller départemental de la Somme. Élu dans le canton d’Amiens-Est, il est également commandant dans la réserve citoyenne

C’est dans son enfance et sa vie professionnelle que Jean-Louis Piot puise les valeurs humanistes qui sont les siennes. Issu d’une famille de Beautor dans l’Aisne, il est l’aîné d’une fratrie de 5 enfants, dont le père est personnel civil sur une base militaire. L’armée tient une place importante dans son histoire puisque son arrière-grand-père et son grand-père étaient tous deux militaires. C’est donc tout naturellement qu’il s’engage à 17 ans dans l’Armée de l’Air. Il y restera 19 ans. Son implication dans le domaine des transmissions l’amène à faire le tour des bases aériennes françaises, mais aussi africaines. Il s’établit alors au Gabon au début des années 1980 puis au Sénégal à la fin de la décennie. « À l’armée, j’ai trouvé une famille et beaucoup de solidarité », explique Jean-Louis Piot. Il est également passé par les rangs des jeunesses ouvrières chrétiennes. « Dans ma vie, j’ai toujours été très monde associatif », que ce soit dans le domaine environnemental ou plus social comme avec les associations de parents d’élèves. « À chaque fois que je me suis engagé pour le monde associatif, on m’a rapidement demandé de prendre les rênes. Je suis soit entré au bureau, soit j’en ai pris la présidence », ajoute Jean-Louis Piot.

Il quitte l’armée à 40 ans avec le grade d’adjudant. « Oui, on est jeune retraité dans l’armée, mais cela ne suffit pas pour vivre. Papa pour la troisième fois, j’ai eu envie de faire autre chose. Il fallait penser à une reconversion. Via les emplois réservés de première catégorie, je deviens fonctionnaire de catégorie B », poursuit Jean-Louis Piot, qui occupera pendant 12 années le poste de chef du service interne au rectorat d’Amiens. Il finira sa carrière professionnelle en tant que gestionnaire dans un collège.

Proximité et contact

Installé à Camon depuis 1992, Jean-Louis Piot ressent l’envie de s’engager davantage. Il adhère au parti socialiste en 1999. « Je trouve rapidement ma place au sein de la section. Camon est une ville qui a une histoire particulière avec la gauche. Ville communiste pendant de nombreuses années, elle bascule à droite en 1995. En 2001, Jean-Claude Renaud me demande de faire partie de la liste de gauche plurielle qu’il met en place pour remporter les élections municipales », explique Jean-Louis Piot, qui devient alors adjoint au maire. Dans un premier temps, il gère la délégation des sports et se voit rapidement chargé de l’éducation, de l’enfance et de la jeunesse. Il est réélu aux mêmes fonctions lors des élections municipales de 2008 et de 2014.

« En 2004, on est encore venu me chercher pour que je sois candidat aux élections cantonales. Ancien canton communiste, il était réputé ingagnable mais, même en étant l’illustre inconnu sous l’étiquette socialiste, j’ai emporté le canton », ajoute Jean-Louis Piot, qui a mis en place une politique de terrain pour connaître les problématiques des habitants du canton. « Nouvellement élu au conseil général, je me retrouve dans l’opposition et c’est très formateur pour assimiler les compétences et le fonctionnement du département », précise Jean-Louis Piot. En 2008, il s’occupe de la délégation de la coopération internationale.

Écouter et transmettre

Lors des élections cantonales de 2011, Maxime Gremetz tente de reconquérir le canton d’Amiens-Est, mais c’est Jean-Louis Piot qui l’emporte avec près de 61 % des suffrages. La majorité change de camp et Jean-Louis Piot est nommé vice président du conseil général à la culture : « Avec cette délégation, j’ai découvert un nouveau monde. J’ai énormément appris, découvert et partagé durant ce mandat. Surtout qu’il a englobé la demande de classement au patrimoine mondiale de l’Unesco des terres de la bataille de la Somme en prévision des commémorations du centenaire de la première guerre mondiale. Le dossier devrait être concrétisé l’année prochaine », explique Jean-Louis Piot, qui a participé à la diffusion dans les classes de collège d’un livret pédagogique portant sur la première guerre mondiale et la problématique de la mémoire. Jean-Louis Piot est réélu lors des élections qui ne sont plus cantonales mais départementales de 2015. « Je ne suis pas sûr que le changement de nom soit bien perçu par les habitants, certains s’y perdent entre les binômes ou les nouvelles compétences des communautés de communes. Il y a une incompréhension sur les changements territoriaux. Je ne suis pas totalement opposé à l’idée de conseiller territorial proposée par certains. En effet, cela permet d’être à la fois sur le terrain et au cœur des institutions territoriales. Il ne faut jamais oublier de prendre en compte le sentiment d’abandon présent sur les territoires et favorable au vote populiste », conclut Jean Louis Piot qui ne sait pas encore s’il sera candidat à sa succession.

Julien Bossu