L’élu de la semaine : Georges Méric

  Le pari de l’intelligence pour lutter contre l’obscurantisme

Georges Méric est le président du Conseil départemental de Haute-Garonne depuis avril 2015. Il a fait de la laïcité le combat de sa vie

On peut dire que Georges Méric a été bercé durant son enfance par la politique. Avec un grand-père socialiste dans la 1re garde de Jean Jaurès, Georges Méric sera marqué à vie par l’héritage philosophique Jauressien. Mais aussi avec son père, André Méric, engagé dès le début des années 1930 dans la lutte contre le fascisme. Il a été secrétaire d’État aux Anciens combattants du gouvernement Rocard, sous la présidence de François Mitterrand. C’est donc tout naturellement que Georges Méric se tourne vers le PS dès sa jeunesse. «Je me suis construit dans la tradition familiale de l’engagement. J’ai grandi dans les valeurs portées par le socialisme, celles de l’humanisme, de la démocratie, de la liberté, du progrès social de la République et de la Laïcité», explique Georges Méric. Par la suite, il choisit les études de médecine «par empathie», «pour aller vers l’autre» et «l’universalisme de la vocation». Georges Méric s’installe comme médecin de campagne à Nailloux en 1975, où il s’implique rapidement dans la vie associative du village. Deux ans après son arrivée, le maire de l’époque lui demande de rejoindre sa liste pour les élections municipales. Il est élu conseiller municipal. Tête de liste aux municipales de 1983, il devient maire de Nailloux. Il le restera jusqu’en 2008 : «C’était un défi de sortir la commune de l’anonymat, de l’amener dans la vie moderne, dans un développement raisonnable et dynamique».

Le sens du local

Son parcours politique passe aussi par le conseil général, de la Haute-Garonne. «J’ai eu la possibilité de me lancer dans une carrière de parlementaire mais j’ai fait le choix de me consacrer à mon engagement local et d’être un élu du territoire», précise Georges Méric. Il fait son entrée au Conseil général en 1988, où il débute en tant que président de la commission des affaires sociales puis il est, pendant quinze ans, vice-président chargé de l’Éducation et de l’Enseignement, un choix de «passion». En 2015, changement de canton et changement de fonction. «Pierre Izard, l’ancien président, ne souhaite pas se représenter alors je fais acte de candidature et je suis élu président du conseil départemental de Haute-Garonne. Je vois cette nouvelle tâche comme un challenge à accomplir avec une rupture dans les méthodes et une continuité dans les finalités avec l’ancien exécutif», explique Georges Méric. À ceux qui souhaitent la fin des départements, il rétorque que «dans les territoires métropolitains, c’est bien le département qui fait le lien entre les projets de développements locaux. Il apporte une expertise en matière d’ingénierie et de financement. Nous avons 588 communes sur notre département et nous avons élaboré un contrat avec chacune d’entre elles. Nous avons choisi la contractualisation et le partenariat afin de les accompagner aux mieux. Le ruissellement de la métropole sur son territoire n’est malheureusement qu’une vue de l’esprit».

La laïcité au cœur du projet départemental

Depuis son arrivée à la tête du département, Georges Méric mène une politique qui «sort de la gestion technocratique» et qui s’articule autour de quatre axes dont un qui lui tient particulièrement à cœur, celui de faire vivre la République. Au sein de cette thématique, Georges Méric a choisi de placer la laïcité au centre de son travail. «Nous avons mis en place un parcours laïque et citoyen pour les élèves de la 6e à la 3e, 80% des classes sont impliquées. 150 associations de l’éducation populaire travaillent avec les enseignants afin de l’intégrer dans le parcours scolaire. Une ligne budgétaire de 900000€ a été débloquée pour ce projet», présente Georges Méric qui ajoute que «mis en place il y a un an, les retours sont plutôt positifs et l’implication des élèves est importante».

Pour la 2e année consécutive, le Conseil départemental organise les Rencontres de laïcité. Elles se déroulent cette année du 9 au 15 décembre, avec une soirée débat, le 12 sur le thème « Refonder la démocratie pour le bien public ». Cet événement est l’occasion de promouvoir les valeurs républicaines et le principe de laïcité. Tous les publics sont concernés les collégiens mais aussi les agents des collectivités afin qu’ils puissent mieux appréhender le principe de laïcité et son application au quotidien. Cette semaine est aussi l’occasion de remettre un prix départemental de la laïcité en faveur du action concrète.

«Nous faisons le pari de l’intelligence pour lutter contre l’obscurantisme. La laïcité s’inclut dans le respect et la considération de l’autre. Elle participe à l’organisation du vivre ensemble en distinguant l’espace privé de l’espace public. C’est à nous de le pacifier en faisant face au problème des revendications. C’est par l’éducation que nous réussirons à les étouffer», poursuit Georges Méric, avant de conclure par une citation de Pierre Mendes France : «La République doit se construire sans cesse car nous la concevons éternellement révolutionnaire, à l’encontre de l’inégalité, de l’oppression, de la misère, de la routine, des préjugés, éternellement inachevée tant qu’il reste des progrès à accomplir».

Julien Bossu