L’élu de la semaine : Francis Cottet

La fibre sociale

Francis Cottet est conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté, en charge de l’innovation sociale

Une mère institutrice et un père ouvrier chez Alstom qui lui ont inculqué des valeurs de justice sociale. « Mes parents étaient des personnes très impliquées, que ce soient dans leur travail ou dans le monde associatif. J’ai puisé dans leurs expériences, la richesse des choses et le goût de la revendication », confie Francis Cottet. Il a eu plusieurs vies professionnelles. La première, il la passe au sein de la grande distribution : « Je suis entré dans une enseigne pour y travailler trois mois et j’y suis resté presque vingt ans. C’est ça aussi la réalité du quotidien lorsqu’il faut subvenir aux besoins de sa famille ».
Mais en l’an 2000 changement de millénaire s’accorde avec changement de vie pour Francis Cottet. Il décide de faire un bilan de compétences et entre en formation pour devenir éducateur spécialisé et en 2005 il est diplômé. Cette nouvelle carrière est plus proche des valeurs sociales qui l’animent. « J’avais envie de changement et je ne me trouvais plus à ma place. Même si ce n’est pas toujours simple nous avons la chance d’avoir un système qui permet aux gens de se former tout au long de leur vie. J’en ai profité », explique Francis Cottet. Il travaille pour différentes structures de protection de l’enfance ou pour des foyers. Il s’investit pleinement dans cette nouvelle carrière dans le social, et deviendra président d’une association d’aide aux victimes, du centre socioculturel de son quartier et vice-président de l’antenne locale de l’UDAL.

Le temps de la politique
Durant cette période de réflexion sur le sens de sa vie, Francis Cottet fait le choix de rejoindre le Parti Socialiste. Il est un membre actif de la section de Belfort et en gravira les échelons pour finir secrétaire de section. « Mon parcours politique, je l’ai aussi construit au travers de rencontres, comme avec Jean-Pierre Chevènement ou Raymond Forni. Le choc de 2002 m’a également conforté dans la nécessité de défendre nos valeurs républicaines face à l’extrême droite », ajoute Francis Cottet, qui demeure circonspect sur le second tour de la dernière élection présidentielle : « Malheureusement, c’était prévisible et j’ai bien peur que cela ne fédère pas toute une génération contre l’extrême droite comme ce fut le cas ». En 2014, il est sur la liste socialiste aux élections municipales mais dans une position non éligible. En 2015, il est de nouveau sur une liste mais pour les élections régionales. « Nous étions dans une période où le climat n’était pas le plus favorable mais j’ai tenu à relever le challenge et à porter nos valeurs, notamment face à celles prônées par le FN », précise Francis Cottet, qui trouve « les élus frontistes à la région à la limite du supportable que ce soit dans leur comportement que dans leur prise de position ».
Un changement de mentalité
Au sein de l’institution régionale, l’économie sociale et solidaire (ESS) est une des préoccupations importantes de la présidente Marie-Guite Dufay qui a choisi de lui accorder une vice-présidence. Francis Cottet est délégué à l’innovation sociale depuis un an et il est actif au sein du projet Rally’nov. « Initialement issue de la région Franche-Comté, cette initiative est maintenant étendue à l’ensemble de la nouvelle région. Nous parcourons le territoire à la découverte de pépites du monde associatif ou de l’entreprise. Nous les épaulons et les accompagnons dans leurs activités respectueuses des valeurs de l’ESS », explique Francis Cottet, qui souhaite « la faire passer à une échelle supérieure ».
Dans cette nouvelle région, Le nord Franc-Comtois se cherche une place. Il est sous l’influence de Dijon, la métropole, mais aussi de Besançon et même de l’Alsace toute proche. « Nous avons un outil, le pôle métropolitain entre le Territoire de Belfort, la Haute-Saône et le Doubs, mais il n’est pas encore efficient. Nous en sommes encore à la phase de projet. Si nous voulons continuer à exister nous devons continuer à peser. Notre processus peut et doit se faire dans une approche qui n’ajoute pas une feuille de plus au mille-feuille mais avec une réorganisation territoriale locale », conclut Francis Cottet.

Julien Bossu