L’élu de la semaine : Emmanuel Hanon

Tourner la page, retrouver de la sérénité et aller de l’avant

Emmanuel Hanon porte l’écharpe de maire Orthez depuis le 16 décembre, après avoir remporté l’élection municipale partielle le 10 décembre dernier

Pour Emmanuel Hanon, son sens de l’engagement est le fruit d’un parcours de vie. Avec des parents de gauche, très investis dans la vie associative et des grands-parents de droite, il se souvient de dîners de famille particulièrement animés : «J’ai une émotion forte lorsque je repense à la victoire de François Mitterrand en 1981. Mon grand-père était catastrophé alors que mes parents avaient un sourire qui leur traversait le visage d’une oreille à l’autre». De son grand-père, ancien prisonnier de guerre en Allemagne, il retient sa volonté d’aller vers les autres et du dépassement des craintes. Il a participé activement au processus de rapprochement franco-allemand via les comités de jumelages entre les villes françaises et allemandes. Professeur de sciences-physiques de formation, Emmanuel Hanon s’est aussi construit via le monde syndical. D’abord lorsqu’il était étudiant puis en tant que jeune professionnel «alors qu’il n’était même pas encore titulaire». Il poursuit son parcours au sein du monde associatif : «J’en garde le souvenir d’une expérience enthousiasmante et très enrichissante. Le monde associatif fait le lien entre l’action politique et le quotidien des habitants». Cependant ce sont deux événements qui vont lui faire passer à une autre étape de son engagement. Le premier, la défaite aux élections municipales de René Ricarrère en 2001. «C’est à ce moment que je pris pleinement conscience du lien entre la vie politique et le quotidien des citoyens», déclare Emmanuel Hanon. La seconde est, comme pour un grand nombre de militants de sa génération, la défaite de la gauche au premier tour de l’élection présidentielle de 2002. «Un choc, un traumatisme. J’ai eu l’envie de m’investir encore plus. J’ai alors adhéré au Parti Socialiste», explique Emmanuel Hanon. Il milite à la section d’Orthez et se rapproche des thèses portées par le Nouveau Parti Socialiste de Benoît Hamon et Vincent Peillon avec qui il garde de solides amitiés.

Le choix de la politique

«À partir de mon adhésion, je me suis impliqué progressivement dans la vie de la section, dans mon rôle de militant. J’ai participé au journal que nous sortions 3 à 4 fois par an. C’était une phase d’apprentissage de la dynamique politique», explique Emmanuel Hanon. En 2008, Bernard Molères, conseiller général en place le convie sur la liste qu’il mène lors des élections municipales de 2008. «Ce fut une rencontre, nous avons appris à nous connaître et à travailler ensemble. Je suis devenu son directeur de campagne», ajoute Emmanuel Hanon. Il devient premier maire-adjoint chargé des finances et de l’administration générale et il entre également à la communauté de communes où il siège comme vice-président ayant pour délégation les finances.

En 2014, Emmanuel Hanon mène la liste socialiste pour les élections municipales. «Nous avons perdu à 81 voix et nous avons accepté le choix des urnes. Il n’était pas question de déposer un recours». Yves Darrigrand, candidat sans étiquette remporte la mairie. Mais, dès la première année son équipe municipale est bancale. Les premières démissions commencent. Puis les budgets 2106 et 2017 sont retoqués et la commune se retrouve sous la tutelle de la préfecture. Les méthodes, faites de projets imposés et d’absence de discussions avec l’opposaiton et les habitants ont conduit à la création d’un groupe de frondeurs au sein de la majorité communale. Cette situation a abouti à la tenue d’élections municipales anticipées dont le deuxième tour a eu lieu le 10 décembre dernier. «Nous avons eu deux mois pour monter une équipe, présenter un projet et faire campagne. Très vite nous avons su être soudés et travailler afin de proposer le meilleur pour les orthéziens avec une liste renouvelée à 75% et pas forcément identifiés localement mais qui ont l’intérêt général au centre de leurs préoccupations. Nous avons subi une forte frustration d’être dans une opposition non-constructive, mais nous avons su ne pas mettre d’huile sur le feu et ça, les habitants ont su en prendre conscience dans leurs choix», explique Emmanuel Hanon.

Un mandat particulier

Avec sa nouvelle équipe municipale, il a pour ambition la réalisation du projet de contournement de la ville. «Je portais déjà ce dossier lorsque j’étais dans l’opposition. Il est emblématique et nécessaire pour notre commune. Pour le reste, nous avons élaboré un plan d’action mieux adapté au court terme et qui prend aussi en compte le long terme. Nous avons deux ans pour poser les bases et construire les dossiers. Mais aussi remporter les prochaines élections municipales afin de transformer complètement Orthez et réconcilier les habitants avec la politique municipale», conclut Emmanuel Hanon.

Julien Bossu