L’élu de la semaine: Bertrand Pasciuto

PasquitoÉternel militant

Bertrand Pasciuto est maire de Cournon-d’Auvergne et conseiller départemental du Puy-de-Dôme. Il s’évertue à transmettre ses valeurs de gauche dans tous les combats qu’il mène

Bertrand Pasciuto a le sens de l’engagement. Il l’a hérité de son père, qui a pris part à la guerre d’Espagne et arrêté en 1941 pour acte de résistance. «Je retire une petite fierté personnelle d’avoir réussi à faire passer mon père du Parti communiste au Parti socialiste», avoue-t-il. Marié jeune, il s’est rapidement mis au travail. Il débute en déchargeant des camions dans une grande surface. Il y prend conscience que la lutte des classes n’est pas finie et que le salarié a progressivement remplacé l’ouvrier mais que le combat doit continuer. Rapidement, il se syndicalise à la CGT pour dénoncer les conditions de travail difficiles.

C’est lors du congrès d’Epinay en 1971, qu’il rejoint les jeunesses socialistes : «Les jeunes communistes étaient trop gauchos pour moi». Le point commun entre ses engagements politique et syndical, c’est le passage à l’acte. «J’ai fait tout ce qu’il fallait faire. Nous avons manifesté contre la guerre du Vietnam. Nous avons organisé des voyages en car aux Pays-Bas pour que les femmes puissent y avorter dans de bonnes conditions alors que la loi Veil n’était même pas en cours de discussion au Parlement», explique Bertrand Pasciuto.

Il participe à sa première campagne électorale lors des élections municipales de 1977 à Cournon-d’Auvergne, sa ville natale. Il réitère l’expérience en 1983, mais il doit attendre 1989 pour être élu sur la liste de Catherine Guy-Quint qui ravit à la droite la ville. D’abord conseiller municipal, il est rapidement promu adjoint au maire chargé des finances et de l’environnement. Il occupe de nouveau cette fonction lors de la mandature suivante, de 1995 à 2001. «La tache fut grande, nous avons dû assainir les finances de la commune et surtout la désendetter. Puis nous avons modernisé les services», explique-t-il. Dans le même temps, Bertrand Pasciuto est élu au Conseil général du Puy-de-Dôme la première fois en 1998. Il le sera sans discontinuer jusqu’en 2015, où il devient conseiller départemental.

Culture et citoyenneté

Lors des élections municipales de 2001, il est désigné pour être tête de liste. Il emporte la mairie dans une quadrangulaire, opposant deux listes de gauche à deux de droite. En 2008, il réussit le rassemblement et est élu au premier tour avec 71 % des voix. Il est de nouveau élu au premier tour en 2014, mais il doit se contenter de 64 %. Il est également 1er vice-président de Clermont-Communauté, chargé des finances et du développement économique.

«Je considère qu’il faut aller au contact des citoyens et abattre un grand travail de terrain lorsque l’on est élu local. Il faut défendre tous les jours les valeurs de la République. Les gens me connaissent et savent quel est mon point de vue sur la laïcité. Je leur rappelle qu’elle est la cheville ouvrière du vivre ensemble. La religion doit rester du domaine privé et ce n’est pas négociable», ajoute Bertrand Pasciuto.

Celui qui préfère être battu sur ses idées que de gagner avec des compromis, a engagé sur sa commune un vaste chantier culturel avec la création d’une médiathèque de 80 000 ouvrages en grande partie à destination de la jeunesse. «La culture est une priorité, elle est une porte d’entrée à la citoyenneté», affirme-t-il. Avec plus de 6 500 licenciés pour 20 000 habitants, Cournon est également la ville la plus sportive du Massif-Central.

En ce qui concerne la nouvelle grande région d’Auvergne-Rhône-Alpes, il pense que celle-ci est trop étendue pour continuer d’offrir un service de proximité efficace et espère que les départements auront encore pleinement leur pouvoir de décision et d’aménagement du territoire : «Ces élus de terrains sont au fait des réalités du quotidien», conclut Bertrand Pasciuto.

Julien Bossu

Ce portrait est extrait de la lettre n°243 du 31 janvier 2016

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