L’élu de la semaine : Arnaud Latreuille

Améliorer la condition sociale

Maire-adjoint d’Aytré (Charente-Maritime), Arnaud Latreuille est chargé de la communication, de la culture et de l’animation de la ville

Le moteur de son engagement, Arnaud Latreuille l’annonce clairement : « Améliorer la condition sociale ». Cette envie, il en a fait une nécessité. « J’ai toujours pensé que le combat pour plus de justice sociale était celui qui faisait sens. Je me suis conforté dans le pourquoi je suis de gauche. Des études d’économie m’ont permis de mettre du sens à des concepts, ainsi, pour moi la précarisation est une injustice intolérable et inefficace économiquement », précise Arnaud Latreuille. Son engagement débute tôt : « De 1991 à 1993, j’ai été élu maire des jeunes d’Aytré. Je suis viscéralement attaché à ce territoire, il coule dans mes veines. J’ai grandi dans une famille où la politique était importante mais où mes parents étaient plus spectateurs qu’acteurs. Je suis issu d’une famille de pieds-noirs rapatriée d’Algérie. C’est peut-être cela qui m’a alerté sur le déracinement et ses traductions politiques très variables auprès de cette population », ajoute Arnaud Latreuille. En 2001, il est appelé par le maire de l’époque pour rejoindre sa liste aux élections municipales. « J’étais jeune et plutôt sympathisant communiste mais j’ai sauté le pas et rejoins son équipe. Nous avons été élus », raconte Arnaud Latreuille. En 2002, il déplore la présence de l’extrême-droite au second tour de l’élection présidentielle. Il fait partie de ces citoyens qui ont réagi et prôné le « plus jamais ça » : « Malheureusement, 15 ans plus tard nous nous sommes retrouvés dans la même situation avec une fois encore la présence l’extrême-droite au second tour d’une élection présidentielle. J’ai l’impression que le choc a été moins violent car cette confrontation était annoncée depuis longtemps et que la menace n’a pas été prise assez tôt au sérieux. Il y avait une forme de fatalisme pour ces dernières élections face à une gauche trop divisée ».

Expériences complémentaires
Arnaud Latreuille rejoint le PS en 2005 après avoir été quelques années sympathisant et cela fait maintenant plus de dix ans qu’il est le secrétaire de la section de La Rochelle Sud. En 2008, Arnaud Latreuille devient délégué à la culture, il s’investit également au sein du CCAS. Dans sa tâche qu’est l’amélioration des conditions de vie des habitants, Arnaud Latreuille insiste sur la notion de culture, à coupler à celle du social. Depuis 2012, il est adjoint à la citoyenneté et à la communication. « Nous avons dans la ville des dizaines de panneaux pour communiquer avec les habitants. Ils peuvent aussi se servir des réseaux sociaux où nous sommes très présents. On ne peut pas répondre à tout le monde mais on fait le maximum et surtout on répond vite car les citoyens ont besoin d’être véritablement considérés », explique Arnaud Latreuille. Il insiste sur le fait que « le statut de l’élu est une nécessité. Il faut avoir le temps et les moyens d’être élu et malheureusement ce n’est, à l’heure actuelle, pas donné à tout le monde ». Amateur des laboratoires d’idées, Arnaud Latreuille se nourrit des expériences municipales de certains de ses voisins comme celles de l’ancien maire de l’Houmeau, Daniel Groscolas ou de ce qui se passe sur Marennes avec Mickaël Vallet. Il fait du vivre ensemble son cheval de bataille : « Faire du vivre ensemble c’est très peu cher et heureusement que les communes sont motrices. Titiller les curiosités grâce à une programmation variée et complémentaire de la grande sœur rochelaise, est notre positionnement naturel. L’animation du littoral avec des concerts l’été, l’organisation d’un festival hip-hop, ou celle de Messidor, la fête de la transition sociétale qui s’appuie sur les piliers du développement durable, contribuent à Aytré, à l’éveil des consciences tout en restant ludique. ».

La gauche, c’est nous !
Aujourd’hui, son analyse est simple, le parti socialiste doit se recentrer sur sa valeur sociale : « C’est bien d’avoir des valeurs de gauche mais agir en ce sens c’est mieux. Je souhaiterais que le PS pèse plus à gauche. Il nous faut défendre ses valeurs. Elles sont mises à mal et le gouvernement et le nouveau président de la République n’agissent pas dans ce sens. Son obstination à faire des économies publiques engendre des situations tendues, à la limite du soutenable dans les collectivités locales. C’est notamment le cas à Aytré, où nous sommes une commune qui n’est pas de la taille de sa voisine La Rochelle mais où les services sont quasiment aussi importants et où les attentes des habitants sont légitimement fortes », ajoute l’adjoint au maire, qui insiste sur la plus grande efficience des communes à taille humaine comme Aytré et ses 9 000 habitants. « En définitive, quelle réponse devons-nous donner à Macron ? Il est temps que le parti socialiste tienne congrès afin d’avoir une ligne directrice. Les valeurs de gauche et la politique qui en découle sont à l’opposé de celle imposée par Emmanuel Macron. Assumons-le ! », conclut Arnaud Latreuille.
Julien Bossu