L’élu de la semaine: Jérôme Durain

Sagesse et convictions
jerome durain

Après une carrière de fonctionnaire territorial et des mandats qui l’ont conduit de la mairie de Chalon-sur-Saône à la vice-présidence du Conseil régional de Bourgogne, Jérôme Durain est l’un des 20 nouveaux entrants socialistes au Palais du Luxembourg en septembre dernier

Jérôme Durain a fêté cette année ses 45 ans et sa première élection au Palais du Luxembourg. Il fait en effet partie des 88 nouveaux élus entrés à la suite du renouvellement partiel du 28 septembre dernier (qui remettait entre les mains des grands électeurs la moitié des sièges du Sénat, soit 179). Et parmi les 61 sénateurs de gauche élus lors de ce scrutin caractérisé par un contexte national difficile, il est l’un des 20 nouveaux entrants socialistes. Alors que sa campagne dans le département a été marquée par « l’affaire » de la Fête de la rose de Frangy-en-Bresse, par la mise en cause de Thomas Thévenoud et par une candidature dissidente, le premier sénateur socialiste de Saône-et-Loire depuis 1986 a la victoire modeste. Il reconnaît « objectivement » que le passage dans le département d’un scrutin majoritaire en 2004 à un scrutin à la proportionnelle cette année et sa présidence du centre de gestion de la fonction publique territoriale ont « compté dans la balance », ce qui n’enlève rien au mérite des quelque 24.47 % de voix obtenues.

Avec cette victoire, ce sont 12 années de militantisme et une action locale de tous les jours qui ont été récompensés. Entré au PS après « le coup de tonnerre dans notre démocratie » du 21 avril 2002, il rejoint en 2004 le secrétariat fédéral de Saône-et-Loire alors dirigé par Arnaud Montebourg, à qui il succédera au poste de Premier fédéral l’année suivante. Père de trois enfants, ce fonctionnaire territorial de formation connaît son premier mandat en 2008 en tant qu’adjoint chargé des questions de l’environnement, de l’énergie et de l’ESS auprès de l’ancien maire de Chalon-sur-Saône, Christophe Sirugue. Parallèlement, il préside le centre de gestion de la fonction publique territoriale de 2008 à 2014 et est élu conseiller régional en 2010, chargé de de l’aménagement du territoire. Après son élection au Sénat, il a renoncé à la vice-présidence de la région Bourgogne afin de se mettre en conformité avec le non-cumul des mandats, « impératif qui n’est pas encore légal, mais moral ». En

2012, il est au coeur de l’organisation des primaires citoyennes, un « moment où [il s’est] senti utile », complexe à monter mais dont il se souvient avec plaisir « le souffle, l’effervescence et la véritable mobilisation collective ».

Un sixiémiste ni bêlant ni extrémiste

Lorsqu’on l’interroge sur le rôle qu’il compte jouer au Sénat, Jérôme Durain dit vouloir continuer l’oeuvre entreprise par Jean-Pierre Bel dans l’évolution du fonctionnement de la Haute-Assemblée.

Il y « prend ses marques » et espère voir le Sénat « abriter des débats les plus partisans et les plus politiciens, mettre en avant sa sagesse et sa tempérance, afin de mieux entrer en résonance avec les attentes des Français ». Sur la question institutionnelle, celui qui se présente comme un « sixiémiste ni bêlant ni extrémiste » réclame une clarification des rôles entre le Président et le Premier ministre et se dit « convaincu de l’utilité de régler la question institutionnelle », afin d’éviter la « catastrophe » de « la montée sinon inexorable, du moins très inquiétante du Front national et de Marine Le Pen » face à une classe politique qui connaît le « discrédit, l’usure et l’incapacité à incarner un avenir aux yeux des Français ».

Néanmoins « solidaire et coresponsable des décisions collectives prises depuis 2012 », il luttera au Sénat pour que les « résultats économiques soient atteints, malgré la difficulté du contexte économique mondial ».

Julien Czaniecki

Ce portrait est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°189 du 1 décembre 2014

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