L’élu de la semaine: Bernard Ksaz

L’homme d’un seul mandat
Bernard Ksaz

Bernard Ksaz est conseiller général du Gers depuis 2011. C’est un battant, passionné par l’action, avec son franc parler

Il a failli rejoindre le Parti socialiste après le 21 avril 2002, mais a finale­ment attendu une autre campagne présidentielle, celle de 2007, pour prendre sa carte à la section socialiste de Jegun, dans le Gers, dont il est devenu le secrétaire dans la foulée. Jusque-là, le parcours de ce contrôleur des impôts était essentiellement syndical : de la CFDT, qu’il quitte en 2003 au moment du conflit sur les retraites, à la CGT. En 2011, il se présente pour la première fois à des élections, dans le canton de Je­gun, un fief de la droite gersoise depuis la Libération. Pourquoi être candidat, alors que rien ne l’y prédisposait et qu’il venait à peine de rejoindre le Parti socialiste ? L’homme ne manque pas de franchise : « Cela s’est fait naturellement. Et je recon­nais que je n’aime pas voir pas passer les trains. J’ai fait de la musique, du sport. Un moment donné, il faut que je sois acteur. Voilà. Militant de base, ça ne me convenait pas, il y avait une logique à ce que je prenne un mandat, et celui-là me convenait parfaitement. » Et il l’a empor­té : « Une petite fierté, quoi ! Tous ceux qui donnent des leçons n’avaient pas réussi à prendre ce canton, quand même. » Ceci, il le dit dans un sourire franc : à la fois parce qu’il l’est, et parce qu’il ne manque pas d’humour. Il est direct aussi.

Défenseur de la ruralité

Il est membre de la commission sports-culture et de la commission agricole, « ce qui n’est pas neutre dans le Gers, dans ce département rural » dit-il, et ajoute : « Je suis un des rares non-agriculteurs à en faire partie. Sans provoquer qui ce soit, c’est important, cela évite de tomber dans un corporatisme qui ne fait pas for­cément avancer la question. Pour moi, c’est un enjeu qui dépasse les catégories professionnelles. Bien sûr, je ne suis pas hors-sol. Mon cousin a une exploitation, et du côté de ma mère, la ruralité est de mise. Je connais les problématiques, mais je n’ai aucun intérêt personnel dans l’agriculture. Des fois, pour parler d’un sujet, ce n’est pas plus mal. » Sa non-ap­partenance à ce milieu permet d’aborder le problème sous un autre angle, que les professionnels n’auraient pas forcément. Il est enfin – surtout ? – rapporteur gé­néral du budget : « C’est un boulot im­portant et stratégique ». Puis il lance : « C’est la tour de contrôle, on voit toutes les politiques du département. » « La tour de contrôle », cet homme qui n’aime pas laisser passer les trains a décidément le sens des formules ! Il sait aussi se tourner vers l’avenir : « Quand je suis arrivé, j’ai eu une certaine intuition, et on a anticipé la nécessité de faire des économies, de ra­tionaliser notre fonctionnement, ce qui nous a permis d’avoir des finances rela­tivement saines, et de nous projeter dans des investissements d’avenir, comme le numérique, comme un 22e collège dans le département. Cette politique nous a aussi permis de régler un gros problème d’enclavement routier en dégageant des liquidités sur des projets structurants. » Bernard Ksaz a aussi son sentiment sur les réformes des collectivités en cours, qui s’en étonnerait ! Il est pour le maintien des départements, notamment en milieu rural. « Bien sûr, conclut-il, certains pour­raient demander… qu’est ce que le milieu rural ? Mais quand on est dans le Gers, je pense qu’il n’y a pas trop d’ambiguïté sur le sujet. »

Denis Lefebvre

Ce portrait est extrait de la lettre des élus socialistes et républicains n°188 du 24 novembre 2014

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