L’éditorial de Rita Maalouf

 Le combat pour l’égalité réelle doit continuer

Chaque année, le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est l’occasion pour les institutions, les associations, les membres de la société civile de promouvoir les droits des femmes.
En 2018, cette Journée est particulière depuis le début de la vague #MeToo et la libération de la parole des victimes de violences sexistes ou sexuelles. Ce mouvement salutaire sonnera je l’espère, le glas de ce sentiment d’impunité des agresseurs. Comme secrétaire nationale aux droits des femmes et à la parité, je tiens à saluer le courage de celles qui ont osé témoigner. Votre souffrance n’a pas été vaine et vos témoignages serviront. Comme dans toute révolution, des forces rétrogrades tentent d’ébranler cette œuvre commune, mais elles échoueront.
Malgré les avancées, le combat pour l’égalité réelle doit continuer.
En France, une femme meurt tous les trois jours à cause de violences conjugales ; une femme sur sept a subi une agression sexuelle. À travail égal, les femmes gagnent au moins 20 % de moins que les hommes ; leurs droits à la retraite sont inférieurs de 40 %. Elles sont minoritaires aux postes de direction et sont cantonnées dans des fonctions spécifiques. Les stéréotypes de genre dominent encore dans la publicité ou les médias… ceci n’est qu’un échantillon des discriminations subies.
Le Parti socialiste mène le combat. Le 28 novembre 2017, nous avons décidé de créer des outils pour lutter contre les violences sexistes dans notre formation politique. Un groupe de travail et de réflexion fera des propositions. Les cadres et les élu.e.s seront sensibilisés à ces questions et ils seront formés à recueillir la parole, détecter les signaux et aider les victimes. Des référent.e.s seront nommé.e.s dans chaque Fédération. Enfin, la parité sera renforcée.
Le Parti socialiste, qui a toujours été à l’avant-garde du combat féministe, s’est aussi engagé pour l’égalité salariale.
En France une retraitée touche 25 % de moins qu’un retraité. En Europe, 39 % de moins.
Si nous voulons éviter que cet écart ne se répète, il faut agir maintenant et combler l’écart de rémunération entre les sexes.
C’est pourquoi j’appelle à soutenir le PSE femmes et les mouvements féministes progressistes qui organisent chaque année un Equal Pay Day.
Cette date correspond à la date jusqu’à laquelle les femmes doivent travailler pour gagner la même somme que les hommes ont déjà gagnée en un an. Cette année, ce sera le 14 mars.
Le PSE femmes appelle à :
– réduire l’écart de salaire entre hommes et femmes de 2 points par an et par État membre pour tous les groupes d’âge.
– surveiller les sanctions de l’écart de paye entre hommes et femmes grâce à des audits européens.
– prévoir des pénalités dans la législation européenne si les objectifs ne sont pas atteints.
On peut faire d’autres propositions comme Le label Equal Pay pour encourager les entreprises engagées pour l’égalité.
Luttons pour réaliser l’égalité salariale, œuvrons pour concilier avec succès nos vies familiales et professionnelles. Combattons ce qui reste de reproduction de préjugés sexistes et qui empêche les femmes de progresser dans leur travail.
La France, d’Olympe de Gouges, de Louise Michel, d’Hubertine Auclert, de Simone de Beauvoir ou de Simone Veil doit s’engager puissamment pour conquérir plus de droits pour les femmes.

Rita Maalouf,
secrétaire nationale du PS
aux droits des femmes,
membre du bureau de l’exécutif
du Parti socialiste Européen femmes