L’éditorial de François Rebsamen

Continuer à porter la voix des élus socialistes et républicains

Une nouvelle page se tourne pour la Fédération nationale des élus socialistes, qui, à l’image du Parti Socialiste, a été impactée par les défaites du printemps dernier. C’est à contrecœur, que nous avons dû annoncer la fin des publications de Communes de France, après 59 ans d’existence.
Je souhaite remercier celles et ceux qui, tout au long de cette longue existence, ont permis à notre réseau de disposer d’un organe de diffusion de nos idées et de nos réalisations territoriales. J’exprime notamment ma gratitude à Nicolas Soret, Philippe Foussier et Brigitte Bossu, ainsi qu’à tous les pigistes qui les ont entourés qui ont œuvré, avec talent, à l’animation de cette revue.
Notre Fédération doit désormais se réinventer, et devra réfléchir à un nouveau mode de communication entre ses membres, élus locaux socialistes. Cette refonte doit toute entière être tournée vers un objectif : la reconquête, dès les élections municipales de 2020.
Nous ne partons pas de rien. Notre réseau demeure puissant, bien ancré dans l’ensemble des communes, des départements et des régions de France. Partout une nouvelle génération se prépare, parfois en faisant l’expérience de l’opposition. Nous devrons être aux côtés de tous nos élus minoritaires dans leurs assemblées, sur lesquels se fondent nos espoirs de victoire.
La République en Marche mise sur la dynamique née de l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République et qu’une majorité de députés à l’Assemblée nationale nourrissent, pour conquérir des communes. Rien n’est fait. Le puissant mouvement de recentralisation mis en place, de fait, par un Gouvernement qui impose à un grand nombre de collectivités l’étroit carcan d’une contractualisation est à rebours de ce que nous avons toujours porté, en faisant confiance à l’intelligence des territoires et des élus locaux. Cette bataille n’est pas d’arrière-garde, la décentralisation est au contraire un combat moderne, qui a toujours visé à renforcer, à chacune de ses étapes, la démocratie locale. La République française est une République décentralisée, et elle doit le demeurer. C’est un gage d’efficacité.
Avec vous, je souhaite continuer à porter la voix des élus socialistes et républicains, dans un contexte où les élus locaux sont au mieux incompris, au pire méprisés par un pouvoir central qui peine à comprendre l’intérêt de la co-construction des politiques publiques, entre un État qui gagnerait à repenser son rôle de stratège, et des collectivités locales dont les libertés d’innovations, d’adaptations et d’administrations doivent être préservées et approfondies.
Au nom du conseil national de notre Fédération, comme en mon nom personnel, j’adresse tous mes remerciements aux collaborateurs de la FNESR (notamment Nouria Belgacem et Frédéric Cornet) et de Communes de France, qui ont été disponibles pour accompagner chaque jour nos élus dans l’exercice de leurs mandats.

François Rebsamen,
président de la FNESR,
maire de Dijon