L’éditorial de François Rebsamen

Rebâtir notre doctrine sociale-démocrate

Nous avons été nombreux à nous réunir à la fin du mois d’août pour le traditionnel séminaire estival des élus socialistes et républicains, à La Rochelle, cette ville qui appartient à notre histoire commune et que nous avons eu plaisir à retrouver. Ce séminaire de travail, de formation, a non seulement permis aux élus d’échanger et de partager leurs expériences mais aussi de faire un premier bilan de cette rentrée.
La rentrée est difficile pour les collectivités. C’est pour cette raison que les élus socialistes ont décidé de s’adresser au Président de la République, pour lui rappeler que les collectivités ont déjà largement participé à l’effort de redressement des comptes de la Nation, dans des proportions importantes. Exiger d’elles 13 milliards d’euros d’économies supplémentaires, soit 3 milliards de plus que ce qui avait été annoncé durant la campagne présidentielle, ce n’est pas tenable et cela constitue une mise en danger réel des services publics de proximité.
Mais au-delà des moyens de fonctionnement, l’exécutif s’attaque également à l’investissement local, qui avait été préservé, conforté, durant le dernier quinquennat avec l’augmentation des enveloppes de DETR et la création du fonds de soutien à l’investissement local (FSIL). Le décret d’annulation de plus de 300 millions d’euros de crédits d’investissement pour 2017, crédits destinés principalement au soutien aux territoires ruraux et à la revitalisation des quartiers les plus en difficulté, est une très mauvaise nouvelle pour nos territoires, dont les investissements portent l’économie locale.
En outre, en supprimant des emplois aidés au cœur de l’été, emplois qui permettent aux collectivités d’assumer leurs missions de service public et aux associations de faire vivre la cohésion sociale dans nos communes, le Gouvernement prive d’une chance de rebond des dizaines de milliers de personnes en difficulté. Quelle injustice pour nos concitoyens les plus fragiles de les priver de cet outil d’insertion sociale et professionnelle.
Toutes ces annonces se sont faites sans concertation avec les élus locaux, au lendemain d’une conférence nationale des territoires durant laquelle le Président avait pourtant affirmé vouloir nouer un rapport de confiance avec les collectivités. Une absence de dialogue qui s’est d’ailleurs manifestée à travers la décision unilatérale de remettre en cause les rythmes scolaires, sans qu’aucune évaluation du dispositif n’ait eu lieu, quitte à créer une école à deux vitesses.
Par ses arbitrages (hausse de la CSG, baisse des APL, baisse de l’ISF), la politique d’Emmanuel Macron et d’Édouard Philippe révèle jour après jour ce qu’elle est : une cure de rigueur, une politique de droite libérale, une politique injuste, que nous devons dénoncer. C’est tout l’enjeu des élections sénatoriales de ce mois.
Certes, nous avons enregistré de lourdes défaites, aux élections locales intermédiaires, à l’élection présidentielle, aux élections législatives et il faudra prendre le temps d’en analyser les raisons, avec objectivité, et humilité. Mais nous avons aussi des forces, notamment notre réseau d’élus locaux. Chaque jour, dans nos collectivités, nous faisons vivre la démocratie locale ; nous avons des bilans à présenter, des projets à réaliser pour préparer nos territoires aux grands enjeux qui s’imposent à nous tous. Nous sommes en première ligne auprès des Français. C’est pourquoi je souhaite que les élus, à travers la FNESR, participent très fortement à rebâtir notre doctrine sociale-démocrate, et à reconstruire notre Parti. Nous avons besoin d’un parti fort. Un parti socialiste, écologiste, européen. Un parti réformiste. Un parti de gouvernement.
À l’heure où Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont très durement souffert du passage de l’ouragan Irma, je veux présenter, au nom des élus socialistes, mes sincères condoléances aux familles endeuillées. Je veux également adresser un soutien fraternel aux élus locaux de ces deux îles qui, au côté de l’État, porteront la lourde responsabilité de la reconstruction.

François Rebsamen,
président de la Maison des élus