L’éditorial de Carole Delga

  Pour une véritable République des territoires

Jeudi dernier, le Gouvernement avait choisi la préfecture du Lot, Cahors, pour tenir sa seconde Conférence nationale des territoires « décentralisée ».

De l’avis de la plupart des participants, ce fut surtout une opération de communication « déconcentrée ».

Je veux croire qu’il ne s’agit là que d’une occasion manquée car il y a encore tant à faire en la matière, 35 ans après que la gauche ait engagé – sous l’impulsion de François Mitterrand – ce processus historique.

Notre pays ne peut plus se contenter de faire évoluer par petites touches, essentiellement liées à des contraintes budgétaires, les acquis de la décentralisation. Il faut retrouver un véritable élan, une envie réelle de confier à des élus proches de nos concitoyens le soin de mettre en place des services publics de qualité.

Pour franchir collectivement cette nouvelle étape dans la construction d’une véritable République des territoires, il convient d’accepter enfin quelques préalables essentiels pour nos collectivités. J’en citerai deux principalement : une plus grande autonomie financière et un vrai pouvoir d’expérimentation local (et pourquoi pas réglementaire ?).

Les élus locaux ont, comme la décentralisation, atteint l’âge adulte depuis longtemps maintenant. Ils doivent pouvoir, en responsabilité devant leurs électeurs, disposer de leviers plus francs encore pour agir efficacement en faveur du développement économique, de l’emploi, de la formation, des solidarités ou encore de la culture.

En Région Occitanie, j’essaye avec les moyens qui nous sont donnés d’innover chaque fois que cela est possible afin de répondre à 4 défis principaux pour nos territoires : la proximité, la mobilité, la vitalité et l’équilibre.

Pour ce faire, nous n’avons de cesse d’associer les autres collectivités locales, les acteurs des secteurs concernés par les politiques publiques que nous déployons mais aussi les citoyens dès que cela est possible ou nécessaire. Cette démocratie de terrain permet de rester quotidiennement en contact avec les aspirations du plus grand nombre afin d’y apporter les réponses les plus concrètes possibles.

Le jacobinisme a de vieux restes dans notre pays mais je suis convaincue qu’il ne pourra résister éternellement à cette volonté désormais ancrée, à ce mouvement irrépressible qui tend à rapprocher chaque fois un peu plus la décision politique de celles et ceux dont elle doit « changer la vie ».

Carole Delga,
présidente de la Région
Occitanie / Pyrénées-Méditerranée