L’éditorial d’André Viola

  « Je crois en la décentralisation, pas en la tutelle de l’État sur les collectivités ! »

Il n’aura fallu qu’un été pour que l’espoir que ce Gouvernement entende et comprenne les enjeux des collectivités retombe. Les différentes mesures injustes et brutales prises sous couvert « d’économies » ont directement impacté des politiques publiques pourtant indispensables aux plus fragiles et aux territoires les plus défavorisés. Elles conduiront les collectivités à suppléer l’État pour combler son désengagement et garantir les services publics visés.
En amont du Congrès de l’ADF à Marseille, le groupe de gauche de l’ADF a rappelé au Gouvernement l’essence de notre mission et la réalité de nos actions : faire réussir la France des territoires en innovant, en expérimentant et en développant des services publics de proximité irremplaçables. Nous voulons continuer à œuvrer pour garantir un accompagnement des plus fragiles et des services publics de qualité sur tout le territoire. Mais pour cela, l’État doit nous donner les moyens de le faire.
Le Gouvernement veut construire un pacte de confiance. Qu’il donne des gages de cette confiance ! C’est pourquoi nous avons rappelé les conditions préalables à toute discussion relative à l’effort de réduction des dépenses publiques que nous assumons déjà largement.
D’abord, le respect de la libre administration de nos collectivités. Le contrat et le taux directeur de dépenses de fonctionnement proposés par le Gouvernement enfreignent en l’état ce principe et nient la responsabilité des élus locaux qui ne sont pas des exécutants de budget validés par les préfets !
Ensuite, que l’État assume lui aussi ses responsabilités :
– concernant le financement des allocations individuelles de solidarité (RSA, APA, PCH) qui doit relever de la solidarité nationale et cesser de reposer sur la fiscalité locale.
– concernant la mise à l’abri et l’évaluation de la minorité des mineurs non accompagnés (MNA) qui relèvent de ses compétences régaliennes.
Enfin, que l’État soit le garant que tout projet de fusion ou de mutualisation entre collectivités soit bien partagé par chacune des collectivités concernées pour qu’il puisse se concrétiser, y compris pour le Grand Paris, dans le consensus.
À Marseille, nous attendions du Gouvernement qu’il intègre ces conditions et fasse une démonstration de sa volonté de co-construire une confiance durable. Ce fut une désillusion… Aucune annonce, aucune réponse, hormis concernant les MNA. Cette situation lui convient-elle ? Je le redoute.
C’est pourquoi je m’oppose à la progressive restriction de l’action des collectivités qui semble pointer son nez. Je suis un décentralisateur, je crois en la France des territoires et j’invite l’ensemble des élus à affirmer cette confiance en la capacité des territoires à s’administrer eux-mêmes. Le Gouvernement doit l’entendre. À défaut, nous nous mobiliserons pour défendre l’action de proximité de nos collectivités qui garantit les solidarités humaines et territoriales en faisant vivre concrètement le pacte républicain.
André Viola,
président du Conseil départemental de l’Aude,
président du groupe de gauche à l’ADF