L’éditorial par Carole Delga

  L’Etat a-t-il encore une parole ?

L’alternance politique est incontestablement l’un des fondements de la démocratie.

Mais le changement de la majorité en place à l’occasion d’une élection nationale ne doit pas signifier faire table rase du passé.

L’État, parce qu’il incarne la continuité de nos institutions républicaines, ne peut pas répondre à la même question « oui » un jour et « non » à peine quelques mois plus tard.

C’est malheureusement ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays, notamment pour nos collectivités locales, et cela met en péril nos actions quotidiennes en faveur de nos concitoyens.

Contrats aidés, logement social, dotations, pause concernant les infrastructures… Cette rentrée est marquée du sceau de l’injustice pour les communes et les intercommunalités, les départements et les régions.

La conférence nationale des territoires lancée en juillet par le Président de la République devait initier un « nouveau dialogue » entre l’État et nos collectivités. Ce principe de départ n’aura pas fait long feu. De fait, annonces après annonces, sans concertation, la confiance est rompue.

Faut-il rappeler, que sous le précédent quinquennat, les collectivités locales ont bien atteint leurs objectifs en matière de réduction de dépenses ?

Au-delà, je ressens une recentralisation en cours dans notre pays. Trente-cinq ans après les lois de décentralisation initiée par la gauche, cette recentralisation brutale et injustifiée, va à contre-courant de l’Histoire et, surtout, ne répond, ni aux défis de la proximité, ni aux attentes des territoires. Rappelons, notamment, à nos concitoyens que nos collectivités assurent 70 % de l’investissement public dans ce pays.

Je crois en la République des territoires. Je crois que cette vision affirmée d’une relation forte avec les acteurs de terrain, peut redonner du sens à l’action publique, du sens à la politique tout court.

L’heure n’est pas à la complainte, mais bien à l’action. Partout, les élus socialistes et républicains peuvent prendre des initiatives fortes, avec les citoyens, les associations, les porteurs de projets, pour défendre un modèle de développement de proximité qui a tant fait ses preuves dans notre pays.

Carole Delga,
ancienne ministre,
présidente de la Région
Occitanie / Pyrénées-Méditerranée