« Engager la reconquête », par Pierre Cohen

Les élections régionalPierre-Cohen-2011.jpges qui viennent de se dérouler ont montré une résistance du Parti socialiste, qui l’a emporté dans cinq régions. Je félicite l’ensemble des élus, qui constituent le maillage territorial indispensable aux combats qui s’annoncent.

La vague bleue que prédisaient les sondages il y a encore quelques semaines n’a pas eu lieu. D’autre part, la mobilisation de la gauche a permis d’empêcher le Front national de conquérir la présidence d’un conseil régional. Je tiens particulièrement à saluer le comportement des élus et candidats socialistes dans les régions PACA et Nord/Pas-de-Calais/Picardie, dont le désistement courageux a permis de faire barrage à l’extrême-droite.

Toutefois, le score du bloc de gauche ne doit pas nous faire oublier les résultats du premier tour, où le Parti socialiste se présentait souvent seul, qui sont révélateurs de la nécessité pour la gauche de se rassembler, sous peine d’être balayée dès le premier tour. Il est temps de reconstituer une véritable union de la gauche, cohérente et claire sur ses idées, pour affronter la droite et l’extrême-droite.

6,8 millions de citoyens français ont choisi de glisser un bulletin de vote en faveur de l’extrême-droite, soit le plus important résultat jamais atteint par le Front national. Malgré une hausse de la participation, 18,8 millions de Français ne se sont pas déplacés en dépit de l’enjeu clairement exposé par le Parti socialiste et l’exécutif pendant cette campagne et plus particulièrement durant l’entre-deux tours. La défiance des Français envers les partis politiques et la chose publique ne fait que s’accroître.

Comme l’a affirmé dimanche soir avec force Jean-Christophe Cambadélis, Premier secrétaire du Parti socialiste, nous ne pouvons plus continuer comme cela. Ce message doit être entendu par le gouvernement. Le Premier secrétaire a demandé une inflexion dans les 18 mois à venir, pour «agir contre la précarité et pour l’activité, comme nous nous sommes attaqués à la compétitivité et à la refondation de l’école.» Je souscris pleinement à cette demande. Le vote pour le Front national s’enracine dans nos territoires et prend à chaque élection une ampleur inédite. Il faut impérativement agir pour apporter une réponse à la désespérance qui pousse tant de Français dans les bras de l’extrême-droite. Les solutions stratégiques ne suffiront pas toujours à endiguer la montée du national-populisme tel qu’il s’exprime dans les élections intermédiaires depuis 2012.

Notre réseau d’élus locaux sort affaibli de cette élection, comme lors des dernières élections départementales et municipales. Il est primordial que nos unions départementales reprennent l’offensive, pour engager la reconquête sur nos territoires. C’est tout l’enjeu de notre Fédération pour les mois et années à venir.

Pierre Cohen, président de la FNESR