« Économie collaborative : anticiper la révolution numérique pour ne pas la subir », par Pascal Terrasse

Pascal TerrasseL’économie collaborative est entrée par la porte de la révolution numérique de manière disruptive et bouleverse notre économie, nos manières de consommer et bientôt notre mode de gouvernance. Un bouleversement qui constitue un véritable enjeu pour la France et dont les citoyens et les territoires sont au centre.

Avant toute chose, je tiens à rappeler que l’économie collaborative n’est pas l’uberisation de la société. Elle est avant tout l’économie des communs, du partage et de l’échange.

C’est une économie qui supprime de l’intermédiation et donc des coûts pour le prestataire et le consommateur. En ce sens, elle constitue une forme nouvelle d’intelligence collective dans la gestion des ressources et l’organisation des échanges.

En effet, elle améliore les opportunités d’emploi de personnes qui peuvent en être éloignés. Elle soutient le pouvoir d’achat des consommateurs. Elle crée aussi des espaces d’expression pour ceux qui trouvent dans une activité accessoire une source d’épanouissement personnel.

En donnant naissance à une nouvelle forme de sociabilité, l’économie collaborative réinvente la proximité, notamment dans les zones enclavées et dans les communes rurales. Cette opportunité de tisser des nouveaux liens, les collectivités territoriales doivent les encourager, les promouvoir et s’en inspirer.

Par exemple, il y a une semaine, en Ardèche, dans la commune du Cheylard, un centre de formation innovant a reçu le label « Grande école du numérique ». Pourquoi je vous parle de cela ? Car dans ce bassin d’emploi sinistré après plusieurs plans sociaux, des hommes et des femmes ont pu suivre une formation de qualité aux métiers du numérique. Demain, ils seront développeurs web, responsables « data », créateurs d’applications ou de plateformes.

L’économie collaborative est porteuse de promesses pour des activités nouvelles. Et pour que cette transformation porte pleinement ses fruits, la France doit rester pionnière. Bien entendu, les collectivités locales ont un rôle de levier à jouer pour préparer les citoyens et leurs territoires à ce virage numérique.

Pour ce faire, le déploiement de la fibre optique dans toutes les communes et la formation aux nouvelles technologies pour les administrés doivent devenir des priorités car il ne faudrait pas que dans certains territoires la fracture des usages s’ajoute à la fracture numérique.

Le numérique a permis aux initiatives collaboratives de changer d’échelle, en facilitant les contacts entre les membres de communautés toujours plus larges. Pour que ces nouveaux acteurs continuent à croître, il est nécessaire de s’assurer qu’ils disposent des ressources nécessaires.  C’est pourquoi il faut former les compétences et les talents de demain, notamment en informatique. Il faut aussi avoir une vision internationale de ces sujets : éviter de créer en France des barrières qui n’existeraient pas ailleurs.

Pascal Terrasse, député de l’Ardèche

Cet éditorial est extrait de la lettre n°247 du 28 février 2016