Dialogue social dans la fonction publique : ça ne marche pas !

Pour ses premiers pas de ministre de l’action et des comptes publics en matière de dialogue social, Gérald Darmanin a tout faux. Après avoir séché le Conseil supérieur de la FPT du 5 juillet, il a fortement irrité syndicats et employeurs publics territoriaux lors de son premier Conseil commun de la fonction publique, réuni à Bercy le 10 juillet.

Le gel du point d’indice et le rétablissement du jour de carence en 2018 n’étaient même pas à l’ordre du jour. Quant au calendrier d’application de l’accord Lebranchu sur les « Parcours professionnels, carrières et rémunérations », il sera « interrogé » sans dire s’il sera maintenu. Le ministre a affirmé que l’augmentation de la CSG sera compensée pour les agents publics, mais sans préciser comment. Cela n’a pas été dans le sens d’apaiser les inquiétudes syndicales.

Déjà le CSFPT du 5 juillet avait adopté à l’unanimité un vœu déplorant sa non-consultation sur la révision des rythmes scolaires, qui n’est pas sans conséquence sur le temps de travail des agents et le dialogue social. Plus fort, le ministre s’en est pris politiquement au président du CSFPT, Philippe Laurent, qui n’avait pas esquivé les sujets de préoccupation. Une attitude déplacée « extrêmement désagréable, à la limite de la politesse », a jugé Philippe Laurent. Pour le ministre, les agents publics sont perçus comme une variable d’ajustement budgétaire. « Je sens que ça ne va pas très bien se passer », a prédit le maire divers droite de Sceaux.

Jean Cordelier