« Deux enjeux majeurs », par Pierre Cohen

PC Ždito 6 janvierJe vous présente, au nom de la Maison des élus, mes meilleurs vœux pour l’année 2016.

Avant toute chose, j’ai une pensée pour toutes les familles qui ont été touchées par les drames qui ont endeuillé la France en 2015. Je souhaite également saluer la mobilisation du gouvernement et celle des élus qui, sur le terrain, coordonnent et agissent pour que la sécurité de tous soit assurée. Cette mobilisation ne devra pas faiblir dans les semaines et les mois à venir.

Nous sortons des élections régionales qui ont constitué une nouvelle épreuve pour notre famille politique. J’adresse mes félicitations à nos présidentes et présidents de région et à leurs majorités, et une amicale pensée aux élus qui porteront nos valeurs dans les groupes d’opposition. Nous savions que cette échéance serait difficile, tant les élections de 2004 et de 2010 nous avaient été favorables et même si nous nous réjouissons de conserver cinq régions métropolitaines, il est absolument nécessaire de mesurer toute la portée de l’installation du tripartisme dans notre pays.

Ces élections de nos conseillers régionaux sur des territoires aux périmètres redessinés signent une nouvelle étape d’entrée  en vigueur des réformes territoriales qui ont été menées depuis 2012. Depuis le 1er janvier, la loi NOTRe est en application. Charge à nous, élus locaux, de faire la démonstration de l’utilité des changements qu’elle induit et de faire vivre l’esprit de cette loi, pour simplifier et rationnaliser les compétences des différents niveaux de collectivités.  En faisant confiance à l’intelligence des territoires qui disposent désormais, avec les conférences territoriales de l’action publique, d’un lieu de débat et de décision pour mieux coordonner et rendre plus efficace encore  l’action publique locale. La loi NOTRe ne portera tous ses effets que si nous savons nous en saisir et d’en montrer tout son sens.

L’année 2016 marquera l’entrée en vigueur de nombreuses dispositions votées ces derniers mois et qui concernent directement les collectivités territoriales. La loi Santé, qui rétablit la notion de service public hospitalier, crée de nouvelles organisations permettant une meilleure coordination des acteurs en matière de médecine de premier recours, prévoit le déploiement obligatoire de groupements hospitaliers de territoire (GHT) permettant aux hôpitaux proches d’élaborer un projet médical commun. La loi pour l’adaptation de la société au vieillissement de la population, votée à la fin 2015, qui renforce l’accompagnement de la perte d’autonomie consacre les maisons départementales de l’autonomie, et crée un conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie destiné à assurer la participation des citoyens dans l’élaboration des politiques du département. La loi de transition énergétique qui mettra en œuvre et en actes les engagements pris par la France lors de la COP 21, et pour lesquels la mobilisation des collectivités territoriales est indispensable.

Après deux élections majeures, les départementales en mars et les régionales en décembre, l’année 2016 sera une année de transition avant les échéances de 2017. En ma qualité de président de la FNESR, je vois pour notre association deux enjeux majeurs : accroître notre présence auprès des élus minoritaires, dans les communes, les départements et les régions,  et élargir notre base aux élus de gauche non encartés mais qui, implantés sur leurs territoires, peuvent nous aider à redynamiser un réseau, nécessaire à la reconquête. Dans une situation confortée de tripartisme de notre vie politique, l’enjeu, au niveau local, comme national, réside dans le rassemblement des forces de gauche.

Pierre Cohen, président de la FNESR

Cet éditorial est extrait de la lettre n°240 du 6 janvier 2015