COP 23 : garantir un financement durable contre le réchauffement climatique

Alors que les financements climatiques s’invitent dans les débats de la seconde semaine de la COP23 à Bonn, le Parti socialiste réaffirme que la justice climatique, fondée sur le respect des engagements financiers des pays développés, est l’une des conditions de la réussite internationale de l’Accord de Paris.

En 2009, à Copenhague, les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards d’euros par an dès 2020, un engagement « plancher », révisable d’ici 2025, gravé dans le marbre de l’Accord de Paris de 2015. Mais alors que 2017 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et que 15.000 scientifiques viennent de publier un appel pour aller plus loin dans la lutte contre le réchauffement climatique, l’OCDE n’a identifié à ce jour que 43 milliards d’euros de financement sur les 100 milliards promis. Un chiffre contesté par de nombreuses ONG, mais qui demeure en tous les cas très éloigné des 130 à 260 milliards d’euros par an a minima estimés par l’ONU pour permettre aux pays en développement de s’adapter à un réchauffement limité à 2 °C.

Pourtant, cette aide doit permettre aux pays du Sud de poursuivre leur développement en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre à travers des projets dits « d’atténuation » et de faire face à l’impact du changement climatique à travers des programmes dits « d’adaptation ». Une aide nécessaire quand on sait que les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 65% entre 2002 et 2012 dans les pays émergents du fait de leur croissance économique, et qu’une partie d’entre eux ont conditionné la réduction de ces émissions à l’aide versée par les pays riches

La présidence de la COP23 des îles Fidji est très importante pour mieux faire entendre les voix des pays menacés par la montée des eaux et qui exigent que les pays riches tiennent leurs promesses de financer cette adaptation. Or, à ce jour, à peine 20 % des financements sont destinés à l’adaptation au changement climatique, loin des 50 % prévus par l’accord de Paris.

Le Parti socialiste rappelle toutefois que ces 100 milliards d’euros sont un point de départ, pas un point d’arrivée. La lutte contre le réchauffement climatique et le développement d’économies décarbonnées nécessiteront davantage de financements, 3 à 4.000 milliards d’euros selon certains experts. Dès lors, il faut s’atteler à la création et à la diffusion d’instruments financiers publics capables d’avoir un effet de levier.

Communiqué d’Isabelle This Saint-Jean, secrétaire nationale du PS à la Transition énergétique et écologique et à la biodiversité