Edito du rédacteur en chef

Edito

La revue des élus

Voici le premier numéro de la revue trimestrielle Communes de France. Après le lancement en début d’année de la lettre hebdomadaire électronique, c’est une approche plus distanciée de l’actualité qui est désormais proposée aux élus socialistes et républicains. Chaque trimestre, nous aborderons une problématique pour laquelle nous nous efforcerons de livrer à la fois des réflexions d’élus nationaux ou locaux, de responsables institutionnels et des analyses d’experts. Après la réforme territoriale, ce sera au tour de la population et des territoires, puis de l’éducation et de la jeunesse et, en fin d’année, de l’économie et de l’emploi.

Contribuer au débat

Il s’agit pour Communes de France, le journal des élus socialistes et républicains depuis juin 1959, de s’adapter aux attentes des élus. Le rythme mensuel pouvait apparaitre anachronique, car trop éloigné de l’actualité mais en même temps n’offrant pas le recul nécessaire à une  éflexion plus approfondie. En se dotant de deux outils complémentaires, Communes de France va donc s’efforcer de mieux cadrer avec les besoins des élus. Autant la lettre hebdomadaire entend donner des informations en phase avec l’actualité, autant la revue trimestrielle a pour ambition de livrer à ses lecteurs des outils propices à la réflexion. Non pas un corps de doctrine ou un bréviaire mais plutôt un état des idées sur un sujet donné pour contribuer au débat et à l’échange entre élus.

La réforme territoriale offre de ce point de vue un sujet d’analyse particulièrement riche. On le verra dans les pages suivantes, les élus interrogés se penchent à la fois sur les conditions déplorables de l’adoption de la loi dite de réforme territoriale et sur son contenu préjudiciable à la décentralisation mais dressent en même temps une série de perspectives pour l’avenir.

Les « experts » sollicités font de même avec leur approche particulière. On peut sans difficulté constater que, depuis 2002, les acquis de la décentralisation sont rudoyés avec constance. La révision constitutionnelle voulue par Raffarin en 2003 a gravé l’autonomie financière des collectivités territoriales dans la Constitution pour mieux la malmener, la loi de 2004 sur les transferts de compétences a confié aux collectivités locales de nouvelles compétences sans leur donner les moyens de les financer. Et depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, le mouvement s’amplifie sur fond de dénigrement permanent des collectivités locales qui seraient responsables du déficit public, cause de gabegie financière et illustration caricaturale d’un empilement administratif lui-même source de paralysie institutionnelle. La loi dite de réforme territoriale, qui n’est autre qu’une loi de régression et de recentralisation, constitue à cet égard un contre exemple presque chimiquement pur de ce dont notre démocratie locale a besoin. Elle n’est justifiée, on le sait, que par la volonté de créer le « conseiller territorial » pour contrer la prééminence de la gauche au sein des institutions locales.

Valoriser les élus

La gauche victorieuse en 2012 devra donc remettre la décentralisation sur les rails, renouer avec le grand élan de 1982-83, avec les lois ATR, sur l’intercommunalité, sur les pays, SRU ou sur la démocratie de proximité, toutes ces lois portées par la gauche au pouvoir au cours des législatures 1981-86, 1988-93 et 1997-2002. Au-delà des principes, nous estimons qu’il s’agit d’une nécessité, notamment sur les plans démocratique et économique. Parce que la gestion locale a prouvé son efficacité, parce que l’inventivité et l’énergie que recèlent nos territoires ne sont plus à démontrer et parce qu’aucune politique nationale ne plus être conçue indépendamment des collectivités territoriales.

Sous une forme renouvelée, Communes de France continuera donc à être le porte-parole et le reflet de ce qu’incarnent la démocratie territoriale et les élus locaux du point de vue socialiste et républicain, avec le souci de dialoguer avec les partenaires de la gauche et avec l’ambition de valoriser ces « corps intermédiaires » irremplaçables mais trop souvent négligés que sont les élus locaux dans notre République

Philippe Foussier, Rédacteur en chef