Edito de Pierre Cohen

Le transport pour tous

Le bon fonctionnement du système de transport est un facteur de progrès. Un progrès pour chacun dans la mesure où il permet de renforcer la liberté de se déplacer, de travailler, de se cultiver. Un progrès pour l’ensemble de la société dans la mesure il est un facteur de mixité sociale, de développement durable et d’attractivité économique. L’écosystème des transports vise donc, au-delà de l’adaptation de l’offre de transport aux nouveaux besoins, à tracer les contours de la société de demain.

Dès lors, face à une approche des transports parfois excessivement centrée sur une logique économique, la politique des transports doit demeurer un levier de construction de l’égalité : entre les territoires par un accès équitable aux transports ; entre les citoyens par une tarification différenciée.

Une société plus mobile est une société plus solidaire.

Or, les systèmes de transport font face à plusieurs défis qui menacent la mobilité de nos concitoyens. La densification urbaine augmente le besoin en transports. L’enclavement de certains territoires périurbains ou ruraux constitue un facteur d’inégalités, en termes d’emploi, de logement et de loisirs. Enfin, le secteur des transports, premier émetteur de C02 avec 32 % des émissions, représente un défi écologique prioritaire.

Face à ces enjeux, il est impératif que les tensions budgétaires ne freinent pas les projets d’investissement des collectivités locales. En matière de transports, le progrès se construit sur le long terme. Reporter les investissements, ce serait retarder la réponse des pouvoirs publics aux défis urbains, écologiques et d’égalité. Au contraire, l’urgence sociale et économique à laquelle nos concitoyens sont confrontés renforce la nécessité de développer et de moderniser l’offre de transport.

Le développement de l’offre de transport peut en effet contribuer au redressement du pays engagé depuis le 6 mai 2012. Le développement de la mobilité permet de soutenir l’attractivité économique des territoires, et ainsi de prolonger le Pacte productif mis en place par le Gouvernement. Face aux difficultés de nos concitoyens les plus précaires, qui sont souvent les plus isolés, la mobilité permet d’améliorer l’accès de tous à l’emploi et au logement, conformément à l’ambition gouvernementale d’un renforcement de l’égalité des territoires. Enfin, le soutien aux transports publics et aux modes de transport « doux » s’inscrit dans la démarche de transition énergétique développée au niveau national.

L’association des approches économique, sociale et écologique en matière de transport doit ainsi constituer un marqueur fort de la gauche, dans la continuité des élections présidentielle et législative de 2012.

Conscients de ces enjeux, les élus locaux s’investissent et investissent de plus en plus dans le développement des infrastructures publiques de transport. Si certaines compétences demeurent exercées en collaboration avec l’État, les collectivités territoriales sont désormais les principaux foyers d’innovation. L’ensemble des modes de transport est en effet mobilisé pour développer l’offre de transport : le ferroviaire, l’automobile, le fluvial, l’aérien, le vélo. Intermodalité, lutte contre la pollution, soutien à la mobilité de nos concitoyens les plus fragiles : les initiatives locales permettent d’établir des systèmes « sur-mesure » et ainsi d’insérer les politiques de transport au projet global de chaque territoire.

En matière de transport, le bilan des élus socialistes doit être mis en avant. De nombreuses collectivités se sont ainsi montrées innovantes et ambitieuses, que ce soit par le développement du tramway à Brest, Dijon, Toulouse ou Amiens, par le désenclavement des banlieues en Ile-de-France, le soutien au covoiturage dans l’Oise et le Nord, ou encore par le renforcement des transports aériens et fluviaux dans plusieurs régions.

Un an avant les élections municipales, le temps du bilan, la mise en avant des actions des élus socialistes doit permettre de montrer le bilan positif de la gauche, mais également de diffuser les expériences positives.

C’est tout l’enjeu de ce numéro thématique de Communes de France.

Pierre Cohen