Edito de Marylise Lebranchu

La France des territoires

Les choix politiques du gouvernement sortant ont provoqué, depuis deux ans, une mobilisation inédite des élus locaux.

Il faut dire que le gouvernement n’a pas ménagé ses efforts pour entraver l’action locale. Coupes dans les dotations budgétaires des collectivités, destruction de leur autonomie fiscale, appels à projet les mettant en concurrence les unes avec les autres, déstructuration des services publics d’État dans les territoires… Ce durcissement a eu lieu au plus fort de la crise, au moment où les collectivités montraient, tant sur l’investissement et la relance que sur les services publics, leur utilité cruciale pour protéger les Français. Le gouvernement a choisi d’affaiblir les collectivités alors qu’elles contribuaient pleinement à l’effort public pour lutter contre la crise.

Le gouvernement voulait moins trouver des solutions que pointer des coupables.

Autant que ses choix politiques, c’est l’attitude du gouvernement qui a indigné les élus locaux. De manière répétée, le président de la République et le Premier ministre ont dénigré la gestion des collectivités, contre toute évidence rationnelle. Plus directement encore, le nombre d’élus locaux a été considéré comme un problème par le ministre en charge lors de la réforme de 2010, sans mettre en regard l’utilité collective et démocratique de leur travail d’élu. Point d’orgue d’un quinquennat de condescendance, la convocation à l’Élysée des associations de collectivités, en février 2012, n’aura abouti qu’à la mise en cause unilatérale et publique des collectivités et des élus.

Depuis bientôt quatre ans que dure la crise, les élus sont littéralement aux côtés des Français. Ils défendent les services publics au bénéfice de tous, contre des réformes injustes et inefficaces. Ils sont surtout, chaque jour, les derniers recours d’hommes et de femmes affaiblis par le chômage et la peur du lendemain.

Et pour toute récompense, ils sont accusés d’incompétence et de mauvaise gestion par un Président de la République qui a creusé la dette de l’État comme personne auparavant !

Tous les élus ont vécu ensemble cette blessure que la victoire de la gauche au Sénat a seulement atténuée. Tous ces élus rassemblés, de gauche ou d’ailleurs, attendent aujourd’hui, de retrouver la considération, la reconnaissance de la valeur de leur engagement quotidien.

Nous avons besoin de la victoire d’un Président de la République qui soit fier des lois Defferre promulguées il y a trente ans, de ces lois qui ont eu l’audace de faire confiance aux Français et à leurs élus.

Oui, les territoires sont dignes de confiance, pour peu qu’on cesse de les opposer les uns aux autres, la ville à la campagne, le littoral à la montagne, la banlieue à la ville… pour peu qu’on cesse de découper la République en morceaux, de la diviser pour mieux la contrôler, d’opposer les Français les uns aux autres en fonction de leurs lieux d’habitation. Non à la discrimination territoriale.

La vision de François Hollande est celle d’une France fière de ses citoyens, fière de ses territoires. Mais c’est aussi une France déterminée à combattre les inégalités violentes entre les individus, à combattre les inégalités tout aussi violentes entre les territoires.

Chaque citoyen, chaque territoire doit avoir les moyens de s’exprimer. Quel sens aurait un combat de justice qui ne serait pas celui aussi de l’accès à l’emploi, aux services publics de santé, d’éducation, de logement, de culture ?

Il est temps de redresser la France et pour cela de considérer que le combat de la justice passe par une lutte, difficile à conduire, contre les inégalités territoriales, mais qui sera notre chemin affirmé le 6 mai 2012.

Nul n’imagine qu’un enfant en France n’aurait pas les mêmes chances parce qu’il est né ici plutôt que là.

Comment tolérer que, simplement parce que nous habitons tel ou tel voisinage, l’avenir scolaire de nos enfants soit différent ?

Pour faire progresser la justice, les collectivités territoriales de gauche travaillent, elles font du bon travail, mais nous devons aller plus loin. Et pour aller plus loin, maintenant, il nous faut le changement le 6 mai prochain avec François Hollande !

Parce que pour nous, l’État n’est pas au service des partis au pouvoir, mais au service de l’intérêt général.

Parce que pour nous, un État bien géré et des collectivités bien gérées sont liés par un contrat de solidarité et de confiance.

Parce que pour nous, un État fort et des collectivités fortes sont liés par un contrat de développement des services et de l’emploi.

Voilà comment l’efficacité publique se mettra au service de la justice, partout en France.

Voilà comment la victoire de François Hollande va unir toutes les forces de progrès. Et nous en aurons besoin. Pour rassembler sur l’espoir, rien n’est plus précieux que le retour à la démocratie, à la liberté, à l’initiative, partout dans notre belle France des territoires.

Marylise Lebranchu