Edito du rédacteur en chef

Edito

Transition écologique : l’efficacité locale

S’il est un domaine dans le­quel les collectivités locales ont un rôle, sinon prééminent, au moins essentiel à jouer, c’est bien celui de l’environ­nement. C’est la raison pour laquelle ce panorama des expériences que propose Communes de France dans ce numéro pourra pa­raître lacunaire. Il ne vise pas à l’exhaustivité. Il s’agit ici simplement de faire le point sur un dossier, celui de la transition écologique, avec quelques repères institutionnels et conceptuels, et de proposer une modeste série d’illustrations.

Il est en effet utile de faire le point sur ce dossier après le changement impulsé par le retour de la gauche aux responsabilités nationales. La Confé­rence environnementale, le Conseil national de la transition écologique, notamment, sont les cadres dans lesquels l’action publique s’inscrit, dans une cohérence propre à l’efficacité. Il nous a semblé pertinent d’interroger, outre le ministre en charge du dossier, Philippe Martin, les responsables socia­listes pour démontrer l’implication réelle et détermi­née à faire avancer concrètement ces dossiers, dans toutes leurs dimensions.

Mais cette transition écologique, cette préoccupa­tion pour l’environnement, elles ne datent bien sûr pas de mai 2012. S’il est un domaine dans lequel les collectivités locales, notamment celles dirigées par des équipes socialistes et républicaines, ne sont pas en reste en termes d’inventivité et de réalisations, c’est bien celui-ci. Et cette prise de conscience ne date pas d’hier. Depuis plus de 20 ans, de nombreuses collectivités locales de toute strate et de toute taille sont impliquées clairement et concrètement sur ce chantier. Il est d’ailleurs celui du quotidien par excel­lence. Il est celui dans lequel, en effet, les collectivités locales peuvent déployer toutes leurs compétences et leur gamme d’intervention publique au service d’un développement harmonieux de l’homme dans son environnement. Urbanisme et cadre de vie, eau et assainissement, gestion et réduction des déchets, problématique énergétique, moyens de transports… On pourrait citer une quasi-infinité de domaines dans lesquels le niveau local peut et doit s’impliquer au service d’un nouveau modèle de dé­veloppement.

La clef d’une nouvelle croissance

Il faut d’ailleurs ici tordre le cou à une idée trop ré­pandue selon laquelle il existerait des forces poli­tiques plus efficaces ou plus performantes dans ce domaine. Dans celui-ci notamment, les élus socia­listes et républicains sont particulièrement exem­plaires et, sans forfanterie ni course à l’échalote électoraliste, démontrent au fil des années et dans la diversité des collectivités locales qu’ils gèrent, qu’ils soutiennent largement la comparaison avec d’autres. C’est donc aussi cela qu’il convient d’affir­mer clairement et fortement à la veille d’échéances électorales locales lors desquelles certains voudront prétendre laver plus blanc que blanc dans une su­renchère parfois empreinte de dénigrement. Les élus socialistes et républicains n’ont pas à forcer sur la modestie ; ils peuvent collectivement être fiers de leurs réalisations pour assurer la transition écologique.

Ils ont d’autant moins à le faire qu’ils conçoivent cette évolution comme découlant d’un diagnostic, celui de la nécessaire prise en compte de l’environnement dans le cadre des activités hu­maines, ce que les XIXe et XXe siècles ont trop né­gligé de faire. Ils s’adaptent à cette réalité et ne s’en remettent pas à d’autres idéologies pour ce faire. Car si la transition écologique est indispensable, elle doit se faire dans le souci de son inscription dans le cadre dans lequel le courant socialiste et républicain s’est toujours déployé : le camp du progrès. Ce dernier s’est notamment construit en récusant la prééminence d’un ordre naturel auquel l’homme devrait se soumettre sans barguigner et qui a d’ailleurs légitimé des siècles d’injustices et d’oppression.

La montée des discours parfois irra­tionnels sur une mythification de la nature, sur la promesse d’un horizon tournant le dos à la crois­sance, la méfiance à l’égard du progrès, le malthu­sianisme partout et pour tous, la défiance à l’égard de la recherche scientifique, le tout enrobé dans une logorrhée new age qui ne conçoit cette transition écologique que de manière punitive est finalement à rebours de ce qu’ont toujours porté avec elles et en elles les forces de progrès, et au premier chef le socialisme démocratique et républicain. On veillera ainsi à appliquer le principe de précaution à l’égard de certains corpus doctrinaux. Et on s’attachera plu­tôt à démontrer par l’exemple comment les collecti­vités locales dirigées par des élus socialistes et ré­publicains, adossées à une forte volonté de l’exécutif depuis 2012, mettent concrètement et sereinement en oeuvre la transition écologique qui est aussi une des clefs d’une nouvelle croissance économique inscrite dans la recherche permanente de toujours plus de justice sociale.

 

Philippe Foussier, Rédacteur en chef