Edito du rédacteur en chef

Edito

Des territoires d’avenir

François Hollande en a fait l’un de ses engagements forts. Assurer la couverture intégrale du territoire en très haut débit d’ici 10 ans figure en effet parmi les tout premiers de ses axes de campagne. Communes de France, à travers ce numéro spécial, a souhaité faire le point sur l’état d’avancement du dossier et donner aux élus quelques repères théoriques et techniques pour mieux comprendre les enjeux et les modalités de cette vaste opération, déterminante pour l’avenir de nos territoires.

Car en effet, s’il est une politique qui ne peut se mener sans une étroite concertation avec les collectivités lo­cales, c’est bien celle-là. Elle est aussi, et le contexte éco­nomique et financier national, continental et mondial nous y conduit, la clef d’une nouvelle croissance. Elle permettra se soutenir la production et sera créatrice de très nombreux emplois. Elle se fait et doit continuer de se mener avec les industriels qui ont aussi un rôle considérable à jouer dans cette avancée technique et humaine.

Il serait fastidieux d’énumérer les domaines d’activité que le déploiement du très haut débit va bousculer voire révolutionner : de l’éducation aux politiques desti­nées aux personnes âgées, du tourisme à la médecine, de l’information aux transports, de la dématérialisa­tion d’innombrables actes et procédures au dévelop­pement du télétravail… Il y a là un enjeu évident pour le développement des territoires.

La nouveauté, qui rompt avec des visions par trop technocratique, est que cet aménagement du territoire d’un nouveau type ne peut se faire qu’en concertation avec les territoires eux-mêmes. Les leçons ont été tirées de ces politiques à courte vue qui font fi de pans en­tiers du territoire, des politiques qui produisent de la relégation et qui nourrissent un vote protestataire dont on connaît les bénéficiaires. La réduction de la fracture territoriale passe donc par une (r)évolution des menta­lités, par un rééquilibrage nécessité de surcroît par dix années d’une politique de droite qui a amplifié cette fracture par l’éradication obstinée des services publics, par l’élaboration unilatérale de cartes judiciaire, hos­pitalière ou militaire dévastatrices pour des secteurs parfois déjà durement éprouvés par une désindustria­lisation encouragée au plus haut niveau de l’Etat.

Par les moyens déployés par la puissance publique, ainsi que le détaille la ministre Fleur Pellerin, la gauche engage ainsi la France dans l’élaboration concertée d’une politique d’aménagement du territoire dont les principes sont l’équilibre, la péréquation et la solidarité. Elle prépare notre pays, ses territoires et ses habitants à un avenir tourné vers la croissance et un développe­ment harmonieux loin d’une conception tout entière fondée sur la compétition, la concurrence et la reléga­tion. La cohésion sociale et la démocratie ne s’en porte­ront que mieux.

Philippe Foussier, Rédacteur en chef